Jean-Paul Sartre est le philosophe français le plus lu et commentĂ© Ă travers le monde. Certains n'hĂ©sitent pas Ă faire du XXĂšme siĂšcle celui de Sartre, tant sa philosophie a bouleversĂ© le paysage intellectuel Bernard Henri-LĂ©vi affirme mĂȘme que le 20Ăšme siĂšcle serait Le siĂšcle de Sartre Sartre est un penseur total, un intellectuel âcelui qui se mĂȘle de ce qui ne le regarde pasâ, qui s'est intĂ©ressĂ© Ă la politique, Ă la littĂ©rature, au théùtre, au cinĂ©ma ou encore Ă des domaines plus insolites, comme la musique il a Ă©crit plusieurs chansons pour Juliette GrĂ©co La conscience humaine, selon Sartre, est pouvoir de nĂ©antisation et libertĂ© elle sâoppose en tout point Ă lâen-soi, lâĂȘtre plein, massif et opaque des choses. Ainsi, condamnĂ© Ă une libertĂ© absolue, lâhomme doit-il inventer son chemin. Sartre, la Contingence et la NausĂ©e Le point de dĂ©part de la philosophie de Sartre ne se situerait-il pas dans la NausĂ©e », ce sentiment privilĂ©giĂ© et dotĂ© dâune signification quasi ontologique ? â Antoine Roquentin, hĂ©ros du cĂ©lĂšbre rĂ©cit La NausĂ©e, expĂ©rimente soi-mĂȘme comme chose non nĂ©cessaire au milieu du monde comme chose parmi les choses, câest avoir La NausĂ©e ». â Ce que je saisis alors, câest la contingence de lâexistence, privĂ©e de raison et de nĂ©cessitĂ©, nâayant jamais, en soi, sa raison dâĂȘtre. Le monde des existences nâest pas celui des explications et des raisons. â Exister, câest ĂȘtre lĂ , simplement, sans nulle nĂ©cessitĂ©. Sartre applique Ă©galement Ă lâexistence non nĂ©cessaire le terme de facticitĂ© elle dĂ©signe le fait que les choses sont lĂ , comme elles sont, sans nĂ©cessitĂ© et sans raison. â Je suis lĂ , parmi elles, et dĂ©couvre ainsi ma facticitĂ© originelle. Mais, sur le fond de cette expĂ©rience premiĂšre, autre chose va se dessiner la prise de conscience du projet humain, Ă©difiant librement le sens et les valeurs au sein mĂȘme de la gratuitĂ© et de lâabsurde, lâabsurde se dĂ©finissant comme ce qui est par-delĂ toutes les raisons, ce qui ne saurait ĂȘtre justifiĂ© de maniĂšre rationnelle. Sartre, l'existence et la libertĂ© La crĂ©ation humaine est, en effet, libre. Chez Sartre, jâexiste et je suis libre, sont deux propositions rigoureusement synonyme et Ă©quivalentes. â quâest ce quâexister dans le vocabulaire sartrien ? âș Exister, câest ĂȘtre lĂ , et dans un univers absurde et contingent, se construire et imprimer sa marque sur les choses. âș Il nây a pas dâessence humaine figĂ©e et préétablie, essence qui prĂ©cĂ©derait lâexistence. âș Lâhomme surgit dans le monde et il y dessine sa figure â Mais comment cette Ă©quivalence de lâexistence et de la libertĂ© est-elle possible ? âș La libertĂ© humaine dĂ©signe, chez Sartre, cette possibilitĂ© qui nous est donnĂ©e de mettre Ă distance, Ă tout instant, la chaĂźne infinie des causes. âș La libertĂ© est ce pouvoir que dĂ©tient, en permanence, la conscience de nĂ©antiser, c'est-Ă -dire de faire apparaĂźtre le nĂ©ant sur tout fond de rĂ©alitĂ©, de pulvĂ©riser les diverses dĂ©terminations, motifs ou mobiles, de choisir â lâidĂ©e de choix se dĂ©finissant, au fond, chez lui, par celle de conscience. âș La possibilitĂ© de dire oui » ou non », de choisir, ne se distingue guĂšre, dans ces conditions, de la conscience, de la saisie de nous-mĂȘmes, au-delĂ de tout motif et de tout mobile. Cette libertĂ©, nous lâexpĂ©rimentons tous dans lâangoisse, vĂ©ritable sentiment mĂ©taphysique qui nous rĂ©vĂšle notre totale libertĂ©, saisie rĂ©flexive oĂč la conscience est prise de vertige devant elle-mĂȘme et ses infinis pouvoirs. â Lâangoisse dĂ©signe donc ce saisissement de la conscience devant elle-mĂȘme, ce sentiment vertigineux des possibles. â Bien entendu, la conscience peut choisir en feignant de ne pas ĂȘtre libre ce mensonge Ă soi et sur soi, oĂč je lutte contre lâangoisse, oĂč je me cache ma libertĂ© porte un nom, câest la mauvaise foi. âș Est de mauvaise foi, la conscience qui pratique le mensonge Ă soi-mĂȘme, pour Ă©chapper Ă lâangoisse et Ă la difficultĂ© de la libertĂ©, qui se rend aveugle Ă son infinie libertĂ©. âș La mauvaise foi et lâesprit de sĂ©rieux menacent sans cesse la conscience. âș Si la mauvaise foi dĂ©signe, en effet, ce mensonge Ă soi mĂȘme, par lequel la conscience sâefforce de fuir sa libertĂ© et son angoisse, lâesprit de sĂ©rieux peut, lui aussi, nous pĂ©trifier ». âș En quoi consiste-t-il ? en cette attitude par laquelle, bannissant lâinquiĂ©tude et lâangoisse, nous prĂ©fĂ©rons nous dĂ©finir Ă partir de lâobjet Lâesprit de sĂ©rieux considĂšre que les valeurs sont donnĂ©es et non pas créées, quâelles sont indĂ©pendantes de la subjectivitĂ© humaine Les valeurs seraient dans le monde, avant lâhomme ; ce dernier nâaurait quâĂ les cueillir. Mauvaise foi et esprit de sĂ©rieux autant de fuites devant notre infinie libertĂ©. âș Câest dans cette perspective quâil faut dĂ©finir le salaud, au sens sartrien du terme, comme celui qui, par mauvaise foi, se dissimule le caractĂšre gratuit et injustifiable de lâexistence Le salaud considĂšre son existence comme nĂ©cessaire alors que toute existence est injustifiĂ©e et gratuite Toutes ces analyses sur lâangoisse, la libertĂ© et la mauvaise foi renvoient au mode dâĂȘtre de lâexistant humain, ce pour-soi qui sâoppose en tout point Ă lâen-soi â Alors que lâen-soi constitue une plĂ©nitude dâĂȘtre il dĂ©signe les choses qui sont ce quâelles sont, dĂ©pourvues de conscience⊠â le pour-soi reprĂ©sente la maniĂšre dâĂȘtre dâun existant qui jamais ne coĂŻncide avec lui-mĂȘme. âș Ăchappement permanent Ă lui-mĂȘme, il nâest jamais tout Ă fait soi. âș Sans arrĂȘt, il se sĂ©pare de lui-mĂȘme. â Alors que lâen-soi est opaque Ă lui-mĂȘme, rempli de lui-mĂȘme⊠â le pour-soi est le mode dâĂȘtre dâune conscience qui sâĂ©vanouit perpĂ©tuellement, simple mouvement de transcendance vers les choses. La conscience nâest rien dâautre que le dehors dâelle-mĂȘme et câest cette fuite absolue, ce refus dâĂȘtre substance » qui la constituent comme conscience. Ainsi, le pour-soi est un ĂȘtre qui se caractĂ©rise comme mouvement et projet dâĂȘtre. Cette notion de projet est, en effet, centrale â Nous existons comme projets ; â Nous nous jetons perpĂ©tuellement en avant de nous-mĂȘmes, vers lâavenir, vers ce qui nâest pas encore. â Le pro-jet du verbe projicere, jeter au loin est cet acte par lequel nous tendons, de toute notre libertĂ©, vers le futur et les possibles. Ainsi sommes-nous totalement libres et totalement responsables la responsabilitĂ© reprĂ©sente, chez Sartre, cette prise en charge totale de son destin par lâexistant humain qui crĂ©e sa nature et crĂ©e le monde. Mais, en cette invention et ce jaillissement permanents que reprĂ©sente la libertĂ© du pour-soi, je semble constamment sous une menace, celle qui nait de la prĂ©sence et du surgissement dâAutrui dans le monde. Sartre, Autrui et lâaction collective Que reprĂ©sente, pour moi, autrui ? Il dĂ©signe fondamentalement, lâAutre, le diffĂ©rent, câest-Ă -dire un moi qui nâest pas moi ». Autrui, câest, en effet, celui qui nâest pas moi et que je ne suis pas. Nây a-t-il pas ici lâannonce dâune menace, voire mĂȘme dâune chute originelle ? Câest bien ce qui se passe dans la rĂ©alitĂ© selon Sartre. â Du fait mĂȘme que je mâoffre dans le monde comme un quasi objet » sous le regard dâautrui, je tombe » vĂ©ritablement au niveau des choses, et ce du fait de la libertĂ© du sujet qui me regarde et me juge⊠lâenfer, câest les autres », selon la fameuse formule du huit clos. NĂ©anmoins, si nos existences sont, bien souvent, tordues » et viciĂ©es », du fait des duels » de conscience qui surgissent ainsi, lâhomme peut toujours retrouver des relations de rĂ©ciprocitĂ© avec autrui, en particulier au niveau de lâaction historique. â Dans la Critique de la raison dialectique, Sartre sâattache, en effet, Ă la praxis historique commune, oĂč les sujets sâunissent et se ressemblent. â Cette praxis libre dĂ©signe un dĂ©passement collectif des conditions matĂ©rielles et ce, dans le cadre de lâaction historique. âș Sartre est, en effet, proche, Ă cette Ă©poque, de la doctrine marxiste et la praxis reprĂ©sente, dans cette perspective, un projet organisateur commun oĂč les diffĂ©rentes consciences sâefforcent, ensemble dâatteindre une fin. âș Au sein de cette vision globale, Sartre sâattache au groupe, rassemblement unifiĂ© par une praxis commune, par une communautĂ© dâaction. La foule qui prend dâassaut la Bastille forme un groupe. Au contraire, les rassemblements sociaux sans unitĂ© vĂ©ritable, sans visĂ©e interne unifiante ex une queue de voyageurs attendant lâautobus, reprĂ©sentent ce que Sartre appelle des sĂ©ries, collections dâindividus sĂ©parĂ©s et atomisĂ©s. Le groupe incarne le projet historique libre alors que la sĂ©rie se vit sous le signe des praxis engluĂ©es, dans un monde oĂč la libertĂ©, sans ĂȘtre perdue, est nĂ©anmoins menacĂ©e. Le mĂ©rite de Sartre est donc de sâĂȘtre attachĂ© Ă lâhistoricitĂ©, dĂ©finie comme appartenance objective Ă une Ă©poque. Lâhomme est un ĂȘtre historique, qui existe temporellement et collectivement. Cet intĂ©rĂȘt pour lâhistoricitĂ© humaine, sâil est apparu trĂšs tĂŽt dans les Ă©crits de Sartre, est tout particuliĂšrement net Ă partir de 1960. Toute lâĆuvre de Sartre tourne autour de la notion de libertĂ©, dĂ©crite individuellement, mais aussi dans sa dimension collective ou historique. Sartre est le philosophe de la libertĂ© Ă lâĆuvre dans le monde et les choses, de la responsabilitĂ© construisant les valeurs et lâunivers humains. RepĂšres ClĂ©s Jean Paul Sartre Naissance - Mort 1905 - 1980 Oeuvres majeures LâEtre et le NĂ©ant Lâexistentialisme est un humanisme Huis Clos Les mains sales La NausĂ©e Critique de la Raison Dialectique Cahiers pour une morale Critique de la Raison Dialectique Principaux concepts LibertĂ©, Angoisse, Pour-soi / En-soi, NĂ©ant, Conscience, NausĂ©e InfluencĂ© par Heidegger, Hegel, Husserl, Kierkegaard, Freud Inspirateur de Simone de Bauvoir, Camus, Merleau Ponty Oeuvres majeures de Sartre â Lâimagination 1936 â La NausĂ©e 1938 â LâEtre et le NĂ©ant 1943 â L'Existentialisme est un humanisme 1946 â Critique de la raison dialectique 1960 â L'Idiot de la famille 1971-1972
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IDĂ©finir le devoir ALa notion de devoir ll faut distinguer la notion, morale, de devoir, de celle, juridique, d'obligation, les deux s'opposant Ă la simple contrainte contrainte physique par la maladie par exemple, ou contrainte sociale exercĂ©e par la police ou le juge. Etre contraint, c'est ne pas avoir le choix de faire une action la contrainte s'impose Ă la volontĂ© de l'extĂ©rieur. Ă l'inverse, dans l'obligation, l'accomplissement de l'acte est libre il relĂšve de la volontĂ© de l'individu. Un sujet peut donc dĂ©cider de ne pas se soumettre Ă une pourquoi le droit distingue des obligations parfaites » c'est-Ă -dire assorties de contraintes, de sanctions un homme doit payer ses impĂŽts, sinon il est puni par la loi et imparfaites » non garanties par la loi, ou prescrites une dette peut s'Ă©teindre si elle n'est pas rĂ©clamĂ©e.Par analogie, Kant appelle devoir imparfait » le devoir qui est seulement moral veiller au bonheur des autres et devoir parfait » le devoir qui est seulement juridique payer ses dettes dĂ©clarĂ©es. Juridiquement, nos devoirs sont le corrĂ©lat du droit des autres. Moralement, ils nous obligent » mentir est interdit » en morale comme en droit, mais, dans le cas du droit, ne pas faire de fausses promesses » sera garanti par la signature d'un contrat », d'oĂč l'expression obligation parfaite ». BLa diversitĂ© des sources du devoir IIRespecter le devoir moral AL'usage de la raison Pour Kant, il suffit Ă l'homme de faire usage de sa raison pour connaĂźtre ce qu'il doit n'a donc pas besoin de se rĂ©fĂ©rer Ă une instance extĂ©rieure Ă lui il ne reçoit pas les rĂšgles morales de quelqu'un d' propose une morale qui repose entiĂšrement sur la raison, que chaque homme possĂšde. Le devoir moral est Ă chercher Ă l'intĂ©rieur de soi. Or, puisque chaque homme peut trouver en lui ce qu'il doit faire, le devoir n'est pas relatif il ne varie pas selon les individus et leurs prĂ©fĂ©rences. Il est parle de morale dĂ©ontologique pour dĂ©signer cette vision du devoir moral fondĂ© sur la raison. Kant rejette les morales de l'autoritĂ© et valorise l'autonomie de l'homme, le fait de se donner sa propre loi grĂące Ă sa raison. DĂ©ontologie Le mot "dĂ©ontologie" vient des termes grecs dĂ©on, "le devoir", et logos, "le discours". La dĂ©ontologie est donc le discours sur le devoir. Au sens courant, la dĂ©ontologie dĂ©signe les rĂšgles morales qui rĂ©gissent une profession mĂ©decins, lorsqu'ils commencent Ă exercer, prĂȘtent le serment d'Hippocrate, c'est-Ă -dire qu'ils s'engagent Ă respecter un certain nombre de rĂšgles dans l'exercice de leur morales d'autoritĂ© que Kant rejette dans sa dĂ©finition du devoir moral correspondent aux morales dans lesquelles l'individu trouve la rĂšgle de son action Ă l'extĂ©rieur de lui-mĂȘme dans les commandements divins, les rĂšgles sociales, ou bien encore dans la nature. Pour Kant, c'est bien la raison et uniquement elle qui permet de respecter le devoir moral. Morales d'autoritĂ© Les morales d'autoritĂ© correspondent aux morales dans lesquelles l'individu trouve la rĂšgle de son action Ă l'extĂ©rieur de lui-mĂȘme dans les commandements divins ou les rĂšgles s'adressent toutefois, comme la morale du devoir, Ă l'individu rationnel et ne tirent pas leur principe de la nature corps ou sentiment. Par contre, l'individu n'y est pas, au sens de Kant, autonome, puisqu'il ne dĂ©cide pas par lui-mĂȘme avec sa seule raison, mais qu'une autoritĂ© extĂ©rieure dĂ©cide pour lui BLe devoir moral comme impĂ©ratif chez Kant 1Agir avec bonne volontĂ© Puisque l'individu doit trouver en lui la rĂšgle de son action, le caractĂšre moral d'une action dĂ©pend entiĂšrement de la volontĂ© de l'individu d'agir moralement. Pour Kant, ce n'est donc pas l'action qui est morale, mais l'intention c'est elle qu'il faut Ă©valuer pour savoir si une personne a agi souligne nĂ©anmoins que l'intention qui dĂ©finit l'action accomplie rĂ©ellement par devoir doit s'accompagner, pour ĂȘtre morale, de tous les moyens dont nous disposons pour l'accomplir Par exemple, si deux personnes accomplissent la mĂȘme action, seule l'intention qui a prĂ©sidĂ© Ă la rĂ©alisation de l'action permet de dĂ©terminer s'il s'agit d'une action bonne. Ainsi, si deux personnes font un don, l'une par charitĂ©, l'autre pour soigner sa rĂ©putation, alors seule la premiĂšre a rĂ©alisĂ© une action ne sont donc ni les consĂ©quences ni les effets de l'action qui comptent. Kant souligne qu'il faut interroger la volontĂ© pour savoir si une action est qui fait que la bonne volontĂ© est telle, ce n'est pas son aptitude Ă atteindre tel ou tel but proposĂ©, c'est seulement le de la mĂ©taphysique des mĆurs, Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, trad. Victor Delbos, Paris, Ă©d. Le Livre de Poche 1993Kant souligne ici qu'il faut interroger la volontĂ© pour savoir si une action est morale. Ainsi, pour ĂȘtre moralement bonne, l'action doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par devoir. Elle s'oppose alors Ă l'action rĂ©alisĂ©e conformĂ©ment au devoir, c'est-Ă -dire qui n'aurait que l'apparence du pour qu'une action soit bonne moralement, c'est-Ă -dire pour qu'elle soit faite par devoir, il faut que la raison nous dicte cette action et non la sensibilitĂ© ou les dĂ©sirs. C'est en cherchant en lui-mĂȘme, Ă l'aide de sa raison, que l'homme parvient Ă formuler ce que Kant appelle des impĂ©ratifs. 2L'impĂ©ratif hypothĂ©tique et l'impĂ©ratif catĂ©gorique de Kant Tous les impĂ©ratifs produits par la raison ne sont pas moraux la raison guide aussi l'action dans un but intĂ©ressĂ©. C'est notamment le cas de ce que Kant appelle les impĂ©ratifs hypothĂ©tiques. ImpĂ©ratif hypothĂ©tique Un impĂ©ratif hypothĂ©tique est un impĂ©ratif qui ne vaut que sous la condition d'une certaine hypothĂšse, et prend la forme suivante "si l'on veut telle [hypothĂšse], alors il faut tel [impĂ©ratif]".Par exemple, "si on veut couper du bois, il faut utiliser une scie" est un impĂ©ratif hypothĂ©tique. Les impĂ©ratifs hypothĂ©tiques sont fondĂ©s sur la raison ils commandent de choisir le moyen le plus rationnel, le plus adaptĂ©, pour parvenir Ă ses fins. Le critĂšre d'Ă©valuation est un critĂšre pragmatique de rĂ©ussite et d'efficacitĂ© on Ă©value les moyens, et non la fin souligne que ces impĂ©ratifs ne peuvent constituer le fondement du devoir moral Soit ces impĂ©ratifs n'ont absolument rien Ă voir avec la morale. Ainsi, "si l'on veut couper du bois, il faut utiliser une scie". Soit ils peuvent viser la rĂ©alisation d'une finalitĂ© immorale. Soit ils rĂ©duisent l'action apparemment morale Ă une action faite par pur intĂ©rĂȘt ou par crainte. Par exemple, "si je veux avoir des clients qui reviennent, il faut que je sois honnĂȘte" ou "si je ne veux pas me faire punir, il faut que je respecte la loi". Pour Kant, la morale ne rĂ©side pas dans les impĂ©ratifs hypothĂ©tiques, mais dans les impĂ©ratifs de Kant permet de distinguer entre les impĂ©ratifs purement techniques exemple de la scie qui sont indiffĂ©rents Ă la moralitĂ© un empoisonneur obĂ©it Ă©galement Ă des rĂšgles techniques choix et dosage du poison, etc.. et ceux qu'il appelle Ă proprement parler pragmatiques. Dans l'impĂ©ratif pragmatique, la fin visĂ©e est le bonheur, non la moralitĂ©. Cependant, comme nous ne savons pas dĂ©finir les moyens pour obtenir le bonheur, la quĂȘte du bonheur n'est pas une quĂȘte "technique". ImpĂ©ratif catĂ©gorique Un impĂ©ratif catĂ©gorique est un impĂ©ratif qui commande sans aucune condition il faut faire quelque chose, non pas pour telle ou telle raison, mais parce que c'est un devoir. Ces impĂ©ratifs sont universels ils valent pour tout homme et doivent ĂȘtre plus forts que les dĂ©sirs des comment savoir si l'intention qui prĂ©side l'action est morale ? Ă cette question, Kant rĂ©pond que toute action prĂ©tendant Ă la moralitĂ© doit Ă©pouser la forme de la loi morale. Autrement dit, l'action est morale lorsqu'elle s'accorde Ă la loi morale. C'est de cet accord qu'elle tient son caractĂšre penser la loi morale, Kant procĂšde par analogie avec la nature. Dans la nature, une loi physique, comme celle de la chute des corps, doit valoir pour tous les phĂ©nomĂšnes identiques. De la mĂȘme façon, les raisons qui motivent une action morale doivent pouvoir ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©es et exprimĂ©es sous la forme d'une loi universelle. Le critĂšre nĂ©cessaire et suffisant pour juger la moralitĂ© d'une action est la possibilitĂ© d'universaliser la maxime qui la commande. 3Les trois formulations de l'impĂ©ratif catĂ©gorique Agis uniquement d'aprĂšs la maxime qui fait que tu puisses vouloir en mĂȘme temps qu'elle devienne une loi de la mĂ©taphysique des mĆurs, Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, trad. Victor Delbos, Paris, Ă©d. Le Livre de Poche 1993Cette premiĂšre formulation de l'impĂ©ratif catĂ©gorique indique comment la raison peut dĂ©couvrir par elle-mĂȘme les normes morales qu'elle doit savoir si une action est morale, il faut se demander si l'on peut vouloir que chaque homme fasse cette mĂȘme action. Il s'agit donc d'un test d'universalisation d'une prend l'exemple du mensonge. Est-il possible d'imaginer un monde oĂč chacun ment et oĂč chacun sait que tout le monde ment ? Non, car le mensonge n'est possible que si les autres croient que ce qui est racontĂ© est vrai. Dans un monde oĂč le mensonge est devenu la rĂšgle, une telle confiance en la parole d'autrui ne peut plus exister, ce qui rend impossible le mensonge lui-mĂȘme. Kant insiste donc sur l'universalitĂ© du devoir, qui prend la forme d'une loi. Celle-ci ne peut ĂȘtre qu'universelle car toute exception dĂ©truit la propose une deuxiĂšme formulation de la loi morale. Agis de telle sorte que tu traites l'humanitĂ© aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en mĂȘme temps comme une fin, et jamais simplement comme un de la mĂ©taphysique des mĆurs, Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, trad. Victor Delbos, Paris, Ă©d. Le Livre de Poche 1993 On ne peut pas utiliser les personnes humaines comme de simples moyens en vue d'une fin Ă atteindre les ĂȘtres humains sont des sujets. Kant nomme cela la dignitĂ© de chaque personne on ne peut rĂ©duire la personne au statut d'une chose disponible et Ă©changeable. La dignitĂ© de la personne repose sur son autonomie, c'est-Ă -dire sur sa capacitĂ© Ă poser par elle-mĂȘme ses propres fins c'est ce qui fait que l'individu est considĂ©rĂ© comme une "fin en soi". En effet, l'ĂȘtre capable de dĂ©finir des fins des buts est lui-mĂȘme le seul digne d'ĂȘtre aussi une fin par lui-mĂȘme, aussi bien pour soi que pour les autres. Il faut respecter l'autonomie de chaque individu, qui est fondĂ©e sur la raison que possĂšde toute personne. La morale se fonde ainsi sur la raison, non pas parce qu'elle repose sur une raison pragmatique qui procĂ©derait Ă un calcul, mais parce que la morale est fondĂ©e sur le respect de la raison elle-mĂȘme en chaque Kant propose une troisiĂšme formulation de la loi morale. Agis comme si la volontĂ© de tout ĂȘtre raisonnable Ă©tait d'Ă©tablir une lĂ©gislation morale de la mĂ©taphysique des mĆurs, Grundlegung zur Metaphysik der Sitten, trad. Victor Delbos, Paris, Ă©d. Le Livre de Poche 1993 Explication quand un sujet se soumet Ă la loi morale, il se soumet aux lois qu'il trouve en lui-mĂȘme 1° formulation il est autonome et se perçoit comme fin en soi, au mĂȘme titre que les autres 2° formulation. Il attribue donc nĂ©cessairement une volontĂ© semblable Ă la sienne, orientĂ©e par l'autonomie, la dignitĂ© morale et le respect rĂ©ciproque des personnes. C'est ce que Kant appelle le rĂšgne des fins ». Je ne peux imaginer l'autre que comme un ĂȘtre qui est lui-mĂȘme moral, me respecte Ă ce titre et concourt avec moi Ă une mĂȘme fin. 3° formulationIci, Kant insiste sur le fait que la loi morale est intĂ©rieure Ă l'individu. L'individu se sent gĂ©nĂ©ralement contraint de l'extĂ©rieur Ă une lĂ©gislation morale. Or, Kant montre ici qu'en rĂ©alitĂ©, l'individu est le lĂ©gislateur se soumettre Ă la loi morale, c'est se soumettre Ă une loi dont l'individu est l' un sujet se soumet Ă la loi morale, il se soumet aux lois qu'il trouve en lui-mĂȘme et qu'il pourrait exiger de tous les individus - de lĂ le caractĂšre universel de la loi morale. Les impĂ©ratifs de Kant CLa critique de la morale kantienne 1L'importance du rĂ©sultat dans le respect du devoir moral Certains penseurs estiment que le raisonnement de Kant est trop abstrait et que le rĂ©sultat doit primer sur la pensĂ©e lorsque l'homme effet, la nĂ©cessitĂ© d'universaliser la maxime de l'action comme Kant l'analyse tend Ă placer la question Ă©thique au niveau de la gĂ©nĂ©ralitĂ©, voire de l'abstraction. Il est possible de se demander de quelle façon des principes gĂ©nĂ©raux peuvent permettre de trancher des dilemmes moraux bien concrets n'a-t-on pas davantage besoin d'une Ă©thique concrĂšte, attentive aux particularitĂ©s des situations singuliĂšres dans lesquelles l'homme doit agir ?C'est en raison de cette attention portĂ©e uniquement sur la forme de l'action morale, et non sur ses rĂ©sultats, que Hegel critique fortement la morale kantienne. En effet, en soutenant que le devoir doit ĂȘtre accompli pour lui-mĂȘme, il semblerait que l'on nĂ©glige l'importance du pour Hegel, la moralitĂ© d'une action ne doit pas seulement reposer sur l'intention qui l'a commandĂ©e, mais exige une Ă©valuation de ses rĂ©sultats objectifs. Il s'agit donc pour Hegel de pointer l'inefficacitĂ© de ce qu'il nomme "la belle Ăąme" la bonne conscience qui, refusant de s'engager dans le monde, se renferme sur son intĂ©rioritĂ©. 2Les autres raisons de respecter le devoir moral D'autres penseurs soulignent que la raison ne suffit pas pour respecter le devoir Ă©nonce que l'action morale ne doit avoir comme origine que l'impulsion du devoir. Or, est-il possible de penser un ĂȘtre humain qui se dĂ©terminerait Ă agir par ce seul motif ? Ă cela, il est possible d'opposer le rĂŽle du sentiment ou du dĂ©sir dans le passage Ă l' philosophe anglais John Stuart Mill souligne ainsi qu'il existe une multitude de facteurs qui peuvent nous pousser Ă agir moralement. Cependant, pour lui, ce n'est pas l'intention qui dĂ©termine la moralitĂ© de l'action, mais ses consĂ©quences. L'Utilitarisme, Utilitarianism, trad. Georges Tanesse, Paris, Ă©d. Flammarion, coll. "Champs Classiques" 2008Mill souligne que ce qui pousse l'individu Ă agir, ce n'est pas le sentiment pur du devoir, mais une foule de facteurs, que les utilitaristes se proposent de rassembler sous le terme d' est donc possible de dire que si la raison nous permet de savoir quelle est l'action Ă accomplir, ce qui nous pousse Ă agir relĂšve davantage de la sphĂšre du dĂ©sir et des sentiments. IIILe devoir moral permet la libertĂ© et le bonheur AAgir selon le devoir moral permet de lutter contre la banalitĂ© du mal Tout d'abord, il est possible de dire que le devoir moral permet de lutter contre la banalitĂ© du malLa "banalitĂ© du mal" est une expression utilisĂ©e pour la premiĂšre fois par la philosophe Hannah Arendt, aprĂšs sa participation au procĂšs d'Adolf Eichmann, un responsable nazi jugĂ© en avril 1961 Ă JĂ©rusalem. Arendt prĂ©sente une nouvelle approche du mal, qui choque Ă l'Ă©poque et continue encore de faire "banalitĂ© du mal" est un concept philosophique qui pose la possibilitĂ© de l'inhumain en chaque homme. Arendt remet donc en cause l'idĂ©e du bien et du mal. Surtout, elle stipule que le systĂšme totalitaire est nocif et pousse certains hommes Ă commettre des actes horribles. Mais ces actes ne sont pas perçus comme criminels par les coupables, qui ne savent pas ou ne peuvent pas sentir qu'ils font le mal. Ainsi, Arendt explique que le systĂšme totalitaire a rĂ©ussi Ă tuer "l'animal politique" en l'homme. Le sujet n'est pas la source mĂȘme du mal, il est le lieu oĂč se manifeste le mal. Primo Levi souligne bien que les nazis ne sont pas des monstres, mais des hommes, dans Si c'est un homme, publiĂ© en 1947 "Ils Ă©taient faits de la mĂȘme Ă©toffe que nous, c'Ă©taient des ĂȘtres humains moyens, moyennement intelligents, d'une mĂ©chancetĂ© moyenne sauf exception, ce n'Ă©taient pas des monstres, ils avaient notre visage."Arendt ne dit pas que la banalitĂ© du mal dĂ©douane le criminel, contrairement Ă ce que certains de ses dĂ©tracteurs ont dit. De mĂȘme, elle ne dit pas que tous les hommes sont capables de faire le mal, elle souligne plutĂŽt qu'il y a en chaque homme la possibilitĂ© du mal. Respecter le devoir moral, c'est lutter contre cette banalitĂ© du mal qui est en chacun, et donc Ă©viter des horreurs. Cela permet donc de vivre dans un monde plus juste. BLe devoir libĂšre des dĂ©terminismes Si le devoir doit s'imposer Ă l'individu sous la forme d'un impĂ©ratif catĂ©gorique, la morale ne constitue cependant pas une contrainte qui priverait l'individu de sa libertĂ©. Il faut considĂ©rer le devoir moral comme une obligation intĂ©rieure et non comme une contrainte extĂ©rieure l'individu reste autonome lorsqu'il accomplit son devoir moral car il ne fait que suivre ce que sa propre raison lui indique. La source du devoir moral est en l'individu lui-mĂȘme et non dans une autoritĂ© Kant oppose l'hĂ©tĂ©ronomie Ă l'autonomie Lorsqu'il recherche hors de lui la norme de son action, on dit de l'individu qu'il est hĂ©tĂ©ronome il se soumet alors Ă une lĂ©gislation qui lui est extĂ©rieure. Ă l'inverse, l'autonomie consiste Ă se donner Ă soi-mĂȘme sa propre loi. Pour Kant, l'autonomie ne signifie pas que chaque individu possĂšde une morale qu'il choisit en fonction de ses dĂ©sirs et de ses prĂ©fĂ©rences. L'homme est un ĂȘtre de raison il doit donc aller Ă l'encontre de sa sensibilitĂ©, se libĂ©rer de ses pulsions et dĂ©sirs premiers, pour agir moralement, c'est-Ă -dire en conformitĂ© avec ce que sa raison lui enseigne. La volontĂ© est donc autonome lorsqu'elle refuse de se laisser entraĂźner par les dĂ©sirs ou les lois ce qui fait que le devoir moral est libĂ©rateur il permet au sujet d'Ă©chapper aux dĂ©terminismes auxquels il est gĂ©nĂ©ralement soumis. Le devoir permet Ă l'activitĂ© volontaire de se soustraire Ă l'emprise de la sensibilitĂ© et de se soumettre Ă une loi qui ne lui est plus Ă©trangĂšre, et qui n'est donc pas acceptĂ©e passivement. Agir moralement est donc bien exercer une forme de libertĂ©. CLe devoir moral mĂšne au bonheur 1Le devoir doit viser le bonheur GĂ©nĂ©ralement, bonheur et devoir semblent s'opposer, le devoir devant ĂȘtre rĂ©alisĂ© en dĂ©pit de toute considĂ©ration du bonheur de celui qui l'accomplit. Mais n'est-il pas possible de faire du bonheur le but de la morale ?C'est ce que propose la philosophie utilitariste selon elle, il faut Ă©valuer la moralitĂ© d'une action en fonction de ses consĂ©quences sur le bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral. En effet, l'utilitarisme prescrit de toujours accomplir l'acte le plus utile pour le plus grand nombre c'est le principe d'utilitĂ©. L'acte utile est donc celui qui produit le plus de satisfaction possible, pour le plus grand nombre de personnes philosophie utilitariste, notamment incarnĂ©e par le philosophe anglais Jeremy Bentham, refuse donc de concevoir qu'il existe un bien en soi. Le critĂšre pour Ă©valuer la moralitĂ© d'une action est alors clair si un acte produit de la satisfaction sans causer de tort Ă personne, alors il est moralement morale, qui met l'accent sur les consĂ©quences des actes dans la perspective du bonheur le plus grand possible, permet d'introduire une rĂ©elle prise en compte des circonstances particuliĂšres dans lesquelles l'homme doit agir. Elle permet, d'autre part, de proposer un critĂšre clair et efficace pour trancher certains problĂšmes moraux. 2Agir moralement est source de bonheur Dans la mesure oĂč le bonheur semble ĂȘtre une aspiration universelle parmi les hommes, la morale ne doit-elle pas rendre l'homme heureux ?Pour Aristote, le bonheur constitue le "Souverain Bien", c'est-Ă -dire la fin derniĂšre de toutes les actions humaines. En effet, selon lui, chaque activitĂ© poursuit un but la santĂ© pour la mĂ©decine, la victoire pour la stratĂ©gie, etc. Aristote se demande donc s'il n'existe pas une chose qui soit la fin derniĂšre de tous nos actes, qui ne soit pas "dĂ©sirable en vue d'une autre chose" mais uniquement en elle-mĂȘme. La seule fin de ce genre est le bonheur mĂȘme l'honneur, le plaisir ou l'intelligence sont des fins en vue du bonheur. Le bonheur est donc la fin suprĂȘme de toutes nos actions. Le bonheur est quelque chose de parfait et qui se suffit Ă soi-mĂȘme, et il est la fin de nos Ă Nicomaque, trad. Jules Tricot, Paris, Ă©d. Vrin, coll. "BibliothĂšque des Textes philosophiques" 1990 1re Ă©d. 1959 Puisque la spĂ©cificitĂ© de l'homme, son essence, est d'ĂȘtre rationnel, c'est-Ă -dire douĂ© de raison, alors pour rĂ©aliser l'excellence qui lui est propre, il doit tĂącher de vivre une vie selon la raison. La sagesse, c'est-Ă -dire ĂȘtre vertueux, est ce qui peut rendre l'homme Aristote, la morale ne doit pas seulement viser le bonheur c'est vivre selon la raison, c'est-Ă -dire ĂȘtre vertueux, qui conduit l'homme au bonheur.
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Lorsque Marguerite Yourcenar publie MĂ©moires d'Hadrien en 1951, elle est dĂ©jĂ l'auteure de poĂšmes, de romans, de nouvelles ou de traductions. C'est pourtant le succĂšs de cet Ă©tonnant ouvrage qui lui permet d'accĂ©der Ă une forme de notoriĂ©tĂ©. Ce livre qui a touchĂ© bien des lecteurs nous entraĂźne dans une Ă©poque en apparence Ă©loignĂ©e de la nĂŽtre. Voyant la mort approcher, l'empereur Hadrien revient dans une longue lettre sur son existence et sur les traces qu'il a laissĂ©es dans l'Histoire. En nous plongeant dans les mĂ©andres d'une conscience, Marguerite Yourcenar parvient Ă faire du je » un miroir aux multiples reflets. Il s'agit ainsi sans cesse de se voir soi-mĂȘme comme un autre », pour reprendre le titre d'un cĂ©lĂšbre ouvrage du philosophe Paul Ă la rencontre d'un empereur romainVoyagesâą MĂ©moires d'Hadrien nous propose de nombreux voyages. Animula vagula blandula », Varius multiplex multiformis », Tellus stabilita » SĂŠculum aureum » Disciplina augusta » et Patientia » ces mots latins qui servent de titres Ă chacune des parties nous rappellent que cette lettre est Ă©crite par un Romain dont la voix fictive traverse les siĂšcles. Ces seuils nous annoncent que nous avançons vers un monde qui n'est pas tout Ă fait le nĂŽtre. Il n'est donc pas Ă©tonnant qu'Hadrien Ă©voque un ensemble d'Ă©lĂ©ments propres Ă son Ă©poque. Il loue ainsi les mĂ©rites de l'esclavage, tout en se montrant attentif Ă la condition des esclaves. Il s'attarde frĂ©quemment sur le systĂšme politique de l'Empire romain. Il s'Ă©tonne par exemple que les municipes souvent plus antiques que Rome soient si prompts Ă renoncer Ă leurs coutumes, parfois fort sages, pour s'assimiler en tout Ă la capitale ».âą Marguerite Yourcenar parvient donc Ă Ă©clairer le lecteur sans jamais lui offrir de lourds exposĂ©s. Son Ă©rudition et son travail de reconstitution historique sont d'autant plus impressionnants qu'ils ne sont jamais exhibĂ©s. C'est tout naturellement, en somme, que l'empereur Ă©voque son quotidien. Il nous offre des dĂ©tails parfois triviaux, qui peuvent aussi bien concerner la cuisine que les vĂȘtements. Marguerite Yourcenar se garde toutefois de sombrer dans le pittoresque. Chaque Ă©lĂ©ment composant ce tableau doit venir se fondre harmonieusement dans un vaste ensemble.âą Le statut d'Hadrien l'amĂšne en outre Ă voyager et Ă passer de longs moments loin de Rome. Il est lui-mĂȘme, confie-t-il, poussĂ© par [son] goĂ»t du dĂ©paysement ». Par son regard, nous pouvons ainsi goĂ»ter aux charmes d'AthĂšnes, qu'il apprĂ©cie tout particuliĂšrement. Marguerite Yourcenar nous offre donc ici toute une sĂ©rie de voyages, dans le temps comme dans l' narrateur complexeâą C'est aussi dans une conscience que le lecteur est invitĂ© Ă voyager. Hadrien ne compte pas seulement donner des nouvelles de sa santĂ© et informer des progrĂšs de [son] mal », comme il le note lui-mĂȘme rapidement Je me propose maintenant davantage j'ai formĂ© le projet de te raconter ma vie. » Il ne masque pas Ă son lecteur les dĂ©tails de son parcours politique, de son caractĂšre ou encore de sa vie amoureuse. Il ne se met alors pas nĂ©cessairement en valeur. Certes, il sait se montrer capable de patience, de douceur et de clairvoyance. Mais l'ancien soldat peut aussi devenir dur et violent, comme lorsqu'il s'agit de punir des traĂźtres ou de chĂątier des peuples qui se soulĂšvent contre Rome. Il lui arrive ainsi de cĂ©der Ă diffĂ©rents mouvements d'humeur. C'est notamment le cas lorsqu'il s'en prend Ă son secrĂ©taire agacĂ©, il lui donne un coup et oublie qu'il tient un style », c'est-Ă -dire un poinçon permettant d'Ă©crire. Il lui crĂšve alors un Ćil, et regrette aussitĂŽt ce geste qu'il ne pourra jamais rĂ©parer.âą Le statut d'Hadrien en fait par ailleurs un personnage singulier, comme il le constate lui-mĂȘme TantĂŽt ma vie m'apparaĂźt banale au point de ne pas valoir d'ĂȘtre, non seulement Ă©crite, mais mĂȘme un peu longuement contemplĂ©e, nullement plus importante, mĂȘme Ă mes propres yeux, que celle du premier venu. TantĂŽt, elle me semble unique, et par lĂ mĂȘme sans valeur, inutile, parce qu'impossible Ă rĂ©duire Ă l'expĂ©rience du commun des hommes. » Hadrien est Ă la fois un homme comme les autres et un ĂȘtre unique ». Il est agitĂ© par les Ă©lans ou les passions qui nous animent, mais il jouit d'un statut qu'il est, de son vivant, le seul Ă connaĂźtre. Sa complexitĂ© en fait un mystĂšre, et c'est aussi pour mieux se comprendre qu'il prend le temps d'Ă©crire cette longue Ă la rencontre de l'autreDu je » au tu »⹠Le choix de la forme Ă©pistolaire impose un mode de communication bien particulier. Marguerite Yourcenar ne propose pas un roman polyphonique et elle ne fait entendre qu'une seule voix, celle de l'empereur Hadrien. Cependant, mĂȘme rĂ©duit au silence, le destinataire de la lettre joue un rĂŽle capital. Le jeune Marc AurĂšle, destinĂ© Ă devenir un jour empereur, est souvent Ă©voquĂ© dans les diffĂ©rentes parties de l'ouvrage. Il est le premier lecteur, certes fictif, de cette lettre, comme nous le rappellent de nombreuses marques de la deuxiĂšme personne. Hadrien formule ainsi des conseils, des mises en garde ou des demandes, comme dans cet extrait de Disciplina augusta » je fis durant ce dernier sĂ©jour Ă l'armĂ©e une rencontre inestimable je pris pour aide de camp un jeune tribun nommĂ© CĂ©ler, Ă qui je m'attachai. Tu le connais ; il ne m'a pas quittĂ©. [âŠ] Je te recommande CĂ©ler il a toutes les qualitĂ©s qu'on dĂ©sire chez un officier placĂ© au second rang ».âą Ce choix d'Ă©nonciation est capital. Plongeant dans sa conscience et son existence, Hadrien ne s'enferme pas dans un exercice solitaire. Son projet n'a de sens que s'il rencontre cet autre qu'est le destinataire du texte. Marguerite Yourcenar rappelle par ailleurs qu'on Ă©crit toujours pour ĂȘtre lu, et que le lecteur, mĂȘme silencieux, joue toujours un rĂŽle important, aussi bien au moment de la crĂ©ation que de la pouvoirs de l'altĂ©rité⹠Hadrien rĂ©alise lui-mĂȘme que nous existons aussi par le regard de l'autre. C'est ainsi qu'il observe, avec anxiĂ©tĂ© d'abord, puis avec sĂ©rĂ©nitĂ©, l'image que Rome renvoie de lui. Certains personnages recomposent le sens de son existence et anticipent le travail, en somme, de tout lecteur. C'est notamment le cas au dĂ©but de Patientia » Arrien comme toujours a bien travaillĂ©. Mais, cette fois, il fait plus il m'offre un don nĂ©cessaire pour mourir en paix ; il me renvoie une image de ma vie telle que j'aurais voulu qu'elle fĂ»t. [âŠ] Vue par lui, l'aventure de mon existence prend un sens, s'organise comme dans un poĂšme ».âą L'empereur existe par les autres, mais aussi pour les autres. Tout au long de l'ouvrage, Hadrien reste attachĂ© Ă l'idĂ©e d'utilitĂ©. L'adjectif utile » revient souvent dans sa lettre, comme dans cet extrait D'admirables bonnes volontĂ©s se groupĂšrent autour de moi ; la petite troupe Ă©troitement intĂ©grĂ©e Ă laquelle je commandais avait la plus haute forme de vertu, la seule que je supporte encore la ferme dĂ©termination d'ĂȘtre utile. » De mĂȘme, Ă la fin de sa vie et de sa lettre, puisque les deux finissent par se rejoindre, il constate que tout reste Ă faire ». Il ajoute, pour bien marquer le lien qui l'unit Ă l'Empire et donc aux autres hommes La boĂźte aux dĂ©pĂȘches de PhlĂ©gon, ses grattoirs de pierre ponce et ses bĂątons de cire rouge seront avec moi jusqu'au bout. »III. Ă la rencontre de soiRefletsâą On aurait tort de penser que les mots d'Hadrien ne concernent que l'Empire romain. Marguerite Yourcenar fait souvent en sorte que le lecteur puisse construire des ponts entre cette lettre et le xxe siĂšcle. Si Hadrien est un chef militaire, qui ne refuse pas la guerre lorsqu'elle s'avĂšre nĂ©cessaire, il s'attache aussi Ă pacifier les rapports que Rome entretient avec d'autres peuples. Il n'est pas animĂ© par un appĂ©tit de conquĂȘtes, mais par la volontĂ© de consolider les frontiĂšres de l'Empire pour mieux l'apaiser.âą Ce n'est pas un hasard si cette volontĂ© fait Ă©cho avec le contexte dans lequel Marguerite Yourcenar a imaginĂ© ces mĂ©moires. CommencĂ© avant la Seconde Guerre mondiale, ce projet a Ă©tĂ© abandonnĂ© de 1939 Ă 1948. Marguerite Yourcenar y revient Ă une Ă©poque oĂč il est prĂ©cisĂ©ment question de reconstruire un monde ravagĂ© par la guerre. Avec une forme d'optimisme, qu'elle pourra se reprocher des annĂ©es plus tard, elle fait de la volontĂ© d'Hadrien un refuge et un espoir pour l'avenir. Cet Ă©lan anime l'ouvrage et son auteure, comme cette derniĂšre le souligne dans ses notes de travail si cet homme n'avait pas maintenu la paix du monde et rĂ©novĂ© l'Ă©conomie de l'Empire, ses bonheurs et ses malheurs personnels m'intĂ©resseraient moins ».Du Je au Nousâą Il faut se garder, comme beaucoup l'ont fait hĂątivement, de considĂ©rer Hadrien comme le double de l'auteure. D'une part, cette confusion rĂ©duit la figure de l'empereur Ă une vie qui n'a pas Ă©tĂ© la sienne. D'autre part, elle amĂšne Ă se mĂ©prendre sur l'ambition de Marguerite Yourcenar, qui est tout autre. GrossiĂšretĂ© de ceux qui vous disent "Hadrien, c'est vous" », dĂ©plore-t-elle dans les notes qui accompagnent MĂ©moires d'Hadrien, avant d'ajouter cependant Tout ĂȘtre qui a vĂ©cu l'aventure humaine est moi ». Nul paradoxe dans l'association de ces deux affirmations mais, au contraire, une profonde cohĂ©rence. La voix de l'auteure doit s'effacer derriĂšre celle de son personnage pour que le lecteur puisse s'y reconnaĂźtre et pour qu'il retrouve, derriĂšre le je » de l'intimitĂ©, les contours d'un nous » beaucoup plus universel.âą L'auteure s'attache ainsi Ă dĂ©crire des Ă©preuves que chaque homme doit affronter. La perte de l'ĂȘtre aimĂ©, qui ravage Hadrien, n'est pas directement liĂ©e Ă son statut chaque ĂȘtre humain peut en faire l'expĂ©rience. Il en va de mĂȘme pour les joies du quotidien, pour la contemplation d'un paysage, pour le plaisir des souvenirs, pour la souffrance, pour la maladie et, en dĂ©finitive, pour la mort. Avant de se taire, le personnage clĂŽt sa lettre sur ces mots, qui peuvent toucher bien des lecteurs TĂąchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts ».Exemples pour la dissertation les enjeux du parcoursâ Blade Runner de Ridley Scott, 1982L'action se situe Ă Los Angeles, en 2019, sachant qu'Ă la sortie du film, il s'agit d'une projection de quarante ans dans le futur. Rick Deckard, qui s'Ă©tait retirĂ© de la police, accepte une mission consistant Ă retrouver une bande de rĂ©plicants des machines biologiques Ă l'apparence humaine créées Ă partir de manipulations gĂ©nĂ©tiques. Ces derniers ont pris conscience que leur temps de vie avait Ă©tĂ© volontairement limitĂ© et entreprennent de trouver leur crĂ©ateur pour qu'il modifie ce paramĂštre. Ce sont des ĂȘtres particuliĂšrement puissants et peut sembler Ă©tonnant de rapprocher un roman ayant pour cadre l'AntiquitĂ© romaine et un film de science-fiction. Les parallĂšles sont pourtant nombreux, et fĂ©conds, car les questions philosophiques qui animent les deux Ćuvres se rejoignent rĂ©guliĂšrement. La quĂȘte des protagonistes, dans le film, consiste, dans un contexte scientifique et futuriste, Ă s'interroger sur le rĂŽle qu'ils ont Ă jouer sur terre, la place qu'ils accordent Ă leurs sentiments et la prise de conscience de la fuite du temps. Les rĂ©plicants sont en rĂ©alitĂ© des crĂ©ations de l'homme vouĂ©es Ă l'aider dans les tĂąches les plus ingrates ce sont, en somme, des esclaves du futur, ce qui peut aussi ĂȘtre mis en parallĂšle avec la relation qu'Hadrien construit avec Antinous. Mais l'acquisition de la conscience les entraĂźne Ă en vouloir davantage aux hommes, ils empruntent la capacitĂ© Ă se poser des questions et le dĂ©sir de changement quant Ă leur du personnage principal rejoint aussi la thĂ©matique du parcours, Soi-mĂȘme comme un autre Deckard, qui revisite la figure traditionnelle du dĂ©tective hĂ©ritĂ©e du film noir caractĂšre ombrageux, solitude, cynisme, brutalitĂ©, penchant pour l'alcool, se confronte Ă l'autre, Ă savoir la crĂ©ature artificielle ayant pourtant toutes les caractĂ©ristiques de l'ĂȘtre humain. Son histoire d'amour avec une rĂ©plicante et l'Ă©change qu'il aura avec le chef de leur bande achĂšveront de lui ouvrir les yeux sur leurs questions communes. Ses propres doutes et son angoisse quant au sens de son existence rejoignent la quĂȘte des rĂ©plicants. Quand ces derniers cherchent leur concepteur pour exiger un dĂ©lai de vie supplĂ©mentaire, on y dĂ©cĂšle clairement la mĂ©taphore de l'humanitĂ© prenant conscience du caractĂšre Ă©phĂ©mĂšre de son existence. Blade Runner reprend ainsi Ă son compte la cĂ©lĂšbre phrase de Montaigne, qui expliquait que philosopher, c'est apprendre Ă mourir ».â Hana-bi de Takeshi Kitano, 1997Japon, dans les annĂ©es 1990. Yoshitaka Nishi quitte la police pour se consacrer Ă son Ă©pouse, atteinte d'une maladie incurable, et presque muette depuis le dĂ©cĂšs de leur enfant. Il a dĂ» au prĂ©alable effectuer un braquage de banque pour rembourser des yakusas auprĂšs desquels il avait une dette. Alors qu'il part en voyage avec son Ă©pouse, il est poursuivi par ces mĂȘmes mafieux qui dĂ©sirent lui soutirer davantage d'argent, et d'anciens collĂšgues de la police qui le suspectent du vol Ă main armĂ©e. Le rĂ©cit suit aussi en parallĂšle le destin d'un autre policier rendu paraplĂ©gique Ă la suite d'une fusillade, et qui, restĂ© seul chez lui, se met Ă la film aborde donc la question de la maladie et de l'affaiblissement du corps Les personnages sont forcĂ©s de faire face aux Ă©vidences les plus cruelles un homme ne retrouvera jamais l'usage de ses jambes, un autre doit se prĂ©parer Ă perdre son Ă©pouse. La philosophie trĂšs singuliĂšre qui se dĂ©gage du rĂ©cit pourrait paraĂźtre extrĂȘmement pessimiste, tant la mort rend visite Ă chacun, et le suicide est abordĂ© comme la meilleure des solutions. C'est pourtant une ode d'une grande poĂ©sie, qui prend soin de saluer la beautĂ© du monde et des Ă©vidences les plus simples de la vie. Dans son dernier voyage, le couple laisse le temps passer, visite les lieux les plus emblĂ©matiques du Japon comme le mont Fuji, savoure le fait d'ĂȘtre ensemble et, d'une certaine maniĂšre, retrouve l'innocence de l'enfance par les jeux ou le violence du monde reste une rĂ©alitĂ©, et Kitano mĂ©lange de maniĂšre assez originale le film de gangsters et le drame psychologique l'emprunt Ă un certain genre cinĂ©matographique est une façon, pour lui, de mettre en image ses tourments. Le rĂŽle donnĂ© Ă la crĂ©ation artistique est d'ailleurs central dans le film le collĂšgue paralysĂ© s'adonne ainsi Ă la peinture pour exorciser sa douleur, et ses toiles, d'une grande candeur colorĂ©e, jalonnent le film par leur beautĂ©. On pourra donc Ă©voquer cette Ćuvre comme l'illustration d'une philosophie trĂšs diffĂ©rente de celles de l'Occident, par un autre regard sur la possibilitĂ© du suicide, envisagĂ© d'une façon beaucoup plus sereine, aprĂšs des adieux apaisĂ©s au Corpus soi-mĂȘme comme un autreL'ouvrage du philosophe Paul RicĆurCette formule fait rĂ©fĂ©rence Ă un ouvrage philosophique paru en 1990 dans lequel l'auteur interroge l'identitĂ© en faisant dialoguer diffĂ©rentes traditions et reprĂ©sentations du moi. Regard portĂ© sur soiLa rĂ©flexion peut porter sur l'identitĂ© personnelle du personnage et l'identitĂ© narrative. De quelle maniĂšre la construction de soi maintient-elle une forme de permanence ? En quoi peut-elle Ă©voluer en fonction du temps soit par diffĂ©rence soit par reconnaissance ? Les romans autobiographiques invitent Ă rĂ©flĂ©chir sur la construction de soi comme personnage, par l'analyse du regard que l'auteur porte sur lui-mĂȘme regard implacable de Michel Leiris sur son corps, dans L'Ăge d'homme ; bilan de l'Ă©volution physique de la jeunesse Ă la vieillesse chez Marguerite Duras, dans L'Amant ou sur sa trajectoire personnelle Dans Les MĂ©moires d'une jeune fille rangĂ©e, Simone de Beauvoir montre comment elle se dĂ©tache progressivement de l'Ă©ducation morale et religieuse reçue.Construction de soi en lien avec autrui et avec la sociĂ©tĂ©Les conventions sociales influencent l'itinĂ©raire d'un personnage, la construction de son identitĂ©, que ce soit en conformitĂ© avec le dogme sociĂ©tal La Princesse de ClĂšves, Mme de Lafayette ou en opposition avec lui la folie de Don Quichotte, CervantĂšs.Les Ă©preuves façonnent Ă©galement le personnage de roman. Elles peuvent rĂ©vĂ©ler son courage et sa vaillance Roland dans La Chanson de Roland, et inviter au dĂ©passement de soi face Ă l'adversitĂ© et Ă l'injustice Claude Gueux, Victor Hugo.Le personnage peut Ă©galement se retrouver au cĆur de conflits historiques. L'Histoire permet alors au personnage de prendre sa place dans la sociĂ©tĂ©. Le personnage Ă©volue dans l'horreur et l'absurditĂ© de la guerre Ferdinand Bardamu dans Voyage au bout de la nuit, CĂ©line, il risque parfois sa vie pour dĂ©fendre une cause, comme le font les aviateurs français pour dĂ©fendre la libertĂ© du peuple espagnol L'Espoir de Malraux. La fiction, en lien avec l'Histoire, peut Ă©lever le personnage au rang de figure lĂ©gendaire ou mythique Le Chouan dĂ©crit par Balzac ; Danton et Marat qui symbolisent et incarnent la Terreur dans Quatre-vingt-treize de Victor Hugo, ou encore Hadrien qui atteint la figure du sage dans Les MĂ©moires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar.Exemples pour l'oral les Ă©largissements culturelsâ Une histoire vraie de David Lynch, 1999Ătats-Unis, dans les annĂ©es 1990. Alvin Straight, septuagĂ©naire, vit modestement et sent les effets de l'Ăąge. Il apprend que son frĂšre Lyle vient de faire une attaque. Ils ne se sont pas vus depuis dix ans, aprĂšs une dispute qui les a sĂ©parĂ©s. Bien conscient que le temps file et qu'il est temps d'aller lui rendre visite, Alvin enfourche son seul moyen de locomotion un tracteur-tondeuse auquel il accroche une petite remorque. Il entame alors un voyage de prĂšs de 400 kilomĂštres, Ă une vitesse extrĂȘmement modeste, puisqu'il se fait mĂȘme dĂ©passer par des Ă part dans l'Ćuvre de David Lynch, Une histoire vraie est une parenthĂšse sur la lenteur et la contemplation. En Ă©cho aux MĂ©moires d'Hadrien, qui s'interroge sur sa vie passĂ©e et dresse l'inventaire Ă l'heure oĂč la fin approche, le pĂ©riple du vieil homme sur les routes de l'AmĂ©rique profonde a tout d'un itinĂ©raire philosophique. Prendre la route, c'est faire un dernier voyage, pour mettre un terme Ă une querelle dĂ©sormais oubliĂ©e, et, d'une certaine façon, partir en paix. La philosophie se fait ici sans les mots, mais Ă©voque des thĂ©matiques tout Ă fait similaires accepter les effets de l'Ăąge, regarder intensĂ©ment le monde avant d'ĂȘtre contraint Ă le quitter, et, de cette maniĂšre, accĂ©der Ă une forme de sagesse. Le goĂ»t du voyage, largement Ă©voquĂ© dans le livre de Marguerite Yourcenar, n'est ici plus un souvenir il est mis en pratique. C'est l'occasion d'une poĂ©sie trĂšs simple et authentique, oĂč la lenteur permet d'apprĂ©cier la beautĂ© des paysages, et oĂč le trajet a autant d'importance que la road movie principe du voyage au cinĂ©ma est aussi l'occasion d'une sĂ©rie de rencontres qui permettent de se confronter aux diffĂ©rents Ăąges de la vie une jeune adolescente en pleine fugue, des adultes s'adonnant au cyclisme ou des reprĂ©sentants du troisiĂšme Ăąge vĂ©tĂ©rans de la guerre se laissant aller aux souvenirs marquants de leur existence. Ătonnant de simplicitĂ©, soutenu par une trĂšs belle bande originale au lyrisme discret, Une histoire vraie montre comment la philosophie et la sagesse sont accessibles Ă tous et reposent dans les actions les plus essentielles des individus.â Patients de Grand Corps Malade, 2017Ă la suite d'un accident, un jeune homme se trouve paralysĂ©, et contraint d'abandonner les Ă©tudes sportives qu'il avait envisagĂ©es. D'abord hospitalisĂ©, il intĂšgre ensuite un centre de rééducation oĂč il fait la connaissance d'autres pensionnaires souffrant de divers traumatismes. Ce sera pour lui l'occasion d'Ă©changer, de relativiser, et d'apprendre Ă accepter la nouvelle vie qui se film de Grand Corps Malade a une vĂ©ritable dimension autobiographique Fabien Marsaud adapte le rĂ©cit qu'il avait Ă©crit cinq ans plus tĂŽt, en 2012, sur sa propre expĂ©rience l'ayant contraint Ă rĂ©apprendre Ă marcher durant de longs mois, et dont il garde encore des sĂ©quelles aujourd'hui, au point que son nom de scĂšne en porte la marque. On retrouve donc un lien direct avec le parcours, puisque le personnage de Ben est un autre qui Ă©voque ce que l'artiste a vĂ©cu, et lui permet d'Ă©changer sur une expĂ©rience qui a profondĂ©ment marquĂ© son existence. Le lien au corps et Ă la souffrance physique fait lui aussi Ă©cho aux rĂ©flexions d'Hadrien. La diffĂ©rence est celle du ton l'immersion au sein d'une bande de jeunes du xxie siĂšcle permet Ă©videmment une autre approche, mais n'en demeure pas moins l'illustration d'un vĂ©ritable humanisme en action. Le rapport Ă l'autre, la solidaritĂ©, la formation d'une communautĂ© vont permettre Ă chacun de trouver sa place, et de s'entraider face aux Ă©preuves. L'humour et l'autodĂ©rision seront ainsi des armes particuliĂšrement efficaces, pour dĂ©dramatiser et faire fonctionner l'esprit face aux limites du corps. On pourra aussi Ă©tablir un parallĂšle dans la maniĂšre dont les personnages ont recours Ă l'Ă©criture pour apprendre Ă se connaĂźtre, se souvenir et formuler leurs interrogations les plus existentielles. L'empereur romain Ă©crit ses mĂ©moires, et le jeune homme contemporain renonce au basket en prenant la plume pour Ă©crire de la poĂ©sie parlĂ©e le slam, puis un roman rĂ©fĂ©rences sur le rapport Ă la maladie et la fin de vieâ Oslo, 31 aoĂ»t de Joachim Trier, 2011Sur le point de terminer sa cure de dĂ©sintoxication, un jeune homme a l'autorisation d'aller en ville pour se rendre Ă un entretien d'embauche. Il saisit l'occasion pour aller saluer ses connaissances, qui ne se doutent pas vraiment qu'il est en train de leur dire adieu.â Mort Ă Venise de Luchino Visconti, 19711911, Ă Venise un compositeur qui cherche Ă masquer son grand Ăąge tombe sous le charme d'un jeune garçon lui semblant incarner tout ce qu'il a perdu. Dans la ville, une Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra se dĂ©clenche et transforme les vacances en vaste requiem.â The Dig de Simon Stone, 20211939, Royaume-Uni. Une jeune veuve, dont la santĂ© se fragilise, fait opĂ©rer des fouilles archĂ©ologiques sur son domaine. Alors que la terre livre sa mĂ©moire sur l'Histoire, elle se prĂ©pare Ă faire ses adieux aux siens.
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CorrigĂ© Signification des termes : Peut-on : possibilitĂ© au sens de capacitĂ©. Soi-mĂȘme : renvoie Ă la notion dâidentitĂ© personnelle, et implique une rĂ©flexion sur soi qui fait apparaĂźtre ce que je suis, ie, mon essence ; seul un sujet pensant, conscient dâĂȘtre, Ă©labore lâidĂ©e du soi-mĂȘme par laquelle il cherche Ă se dĂ©finir (le soi-mĂȘme renvoie Ă la conscience de soi)
zozottele 15 avril 2022 Ă 1319Hello tous ! Dites, comme le forum est calme en ce moment, je me dis qu'on peut se lancer dans ce p'tit dĂ©bat. Parce que au fond, c'est quoi ĂȘtre soi mĂȘme ? C'est rĂ©ussir sa vie professionnelle,sa vie de couple,de parents ? Ou c'est plus profond que ça ? Et si c'est plus profond que ça, c'est peut ĂȘtre juste subjectif ? Le ĂȘtre soi mĂȘme de l'un ne sera pas le ĂȘtre soi mĂȘme d'un dans ce cas,il n'appartient qu'Ă nous de savoir si nous sommes nous mĂȘmes ou pas ? Alors comment savons nous si nous sommes nous mĂȘme si c'est Ă nous de le dĂ©cider ? Je ne sais pas vous, mais moi ça me plaĂźt bien comme dĂ©bat. Comment savoir si nous sommes nous mĂȘmes,et avons nous Ă nous justifier de l'ĂȘtre ? Pouvons nous nous tromper si c'est subjectif ?đ€ Qui dĂ©cide si on se trompe ? Beaucoup de questions, mais on a le temps pour y rĂ©pondre !đ MaisEncorele 15 avril 2022 Ă 1443 âą 79838TrĂšs sympa ce sujet zozotte... Je viens d'arriver mais oui ces temps semblent calmes, surtout le week-end. Ton Ă©noncĂ© me fait cet effet đ” đ„Ž đŹ ... đ€ donc je vais faire un petit tour sur moi-mĂȘme et je reviens ! đđ Kumole 15 avril 2022 Ă 1504 âą 79839Etre soi-mĂȘme... tu as une vie entiĂšre pour le dĂ©couvrir. Il ne s'agit pas d'un "Ă©tat" atteint, ou non atteint. Il s'agit d'un cheminement. et c'est la mĂȘme chose pour le bonheur, mais chut, il ne faut pas le dire trop fort, ça peut inciter les gens Ă quitter leur taf, vivre hors du systĂšme, ne plus acheter des actions ou du thon rouge, du prozac, et plein d'autres trucs kumoheretic zozottele 15 avril 2022 Ă 1727 âą 79841MaisEncore, content que mon Ă©noncĂ© te fasses rĂ©flĂ©chir, c'est le de la bonne rĂ©flexion hein !đ Kumo,si ĂȘtre soi mĂȘme n'est pas un Ă©tat,mais un cheminement, alors nous ne sommes donc jamais nous mĂȘmes ? Ou plutĂŽt tout le temps ? đ€ Aussi,le bonheur, autre sujet mais qui peut avoir un lien c'est vrai. Si pour ĂȘtre soi mĂȘme et ĂȘtre heureux il faut tout plaquer, ça veut dire que nous ne serons jamais nous mĂȘme tant que l'on n'as pas plaquĂ©s notre boulot ? Je pense que si, mais c'est ma subjectivitĂ©, j'ai hĂąte de lire les vĂŽtres encore !đ Kumole 15 avril 2022 Ă 1755 âą 79842Le boulot Ă©tait un exemple, pas une vĂ©ritĂ© absolue. Tu emploies, cher Zozotte. Le mot ĂȘtre. Il renvoie donc Ă un Ă©tat. Moi je parle bien de devenir, donc de trajectoire, de mouvement. Je me permets d'insister, le dinstingo est pour moi important. zozottele 15 avril 2022 Ă 2027 âą 79852Je comprends Kumo et tu as raison d'insister. Tu parles donc de devenir et de trajectoire. C'est intĂ©ressant,je me demande du coup si il y a un moment ou ce devenir prend fin? Il y a t'il une fin Ă cette trajectoire ? Surderien citation La conscience d'ĂȘtre, soi-mĂȘme, en pleine sagesse... J'aime bien !đ Kumole 15 avril 2022 Ă 2032 âą 79854Zozotte, une fin... ? Ca dĂ©pend de tes croyances. Mais l'immobilitĂ©, c'est le nĂ©ant. L'intention prĂ©cĂšde tout... lĂ je m'Ă©carte franchement du sujet, dĂ©solĂ©. Surderien, oui la voie orientale consiste un peu en cela. Un morcellement de l'ĂȘtre le plus total, de la conscience, pour arriver au centre du truc. Mais cela implique une dĂ©personnalisation totale. Une voie intĂ©ressante, pas la mienne. zozottele 15 avril 2022 Ă 2045 âą 79855L'intention prĂ©cĂšde tout. đ€ Kumo j'adore ! Mais c'est vrai qu'on s'Ă©carte du sujet. Ou alors il est plus vaste que ce que je pensais ! L'intention prĂ©cĂšde tout,et l'immobilitĂ© c'est le nĂ©ant. Mais oui, ça ne dit pas si nous sommes nous mĂȘmes ou pas ! Ou alors, ĂȘtre nous mĂȘmes, c'est crĂ©er,tout le temps,vivre, avancer, créér, dĂ©couvrir. Mais si on se pose,nous ne sommes plus nous mĂȘme alors ? Nous devenons immobiles,et rentrons dans le nĂ©ant du coup ?đ€ Ou alors le nĂ©ant fait aussi partie de nous ?đ€ Wahou dĂ©solĂ© hein,merci Kumo pour toutes ces rĂ©flexions, n'hĂ©sitez pas Ă continuer ! Mais Kumo,tu dirais quoi alors Ă la place d' "ĂȘtre" soi mĂȘme ? Quel mot utiliser,quelle expression ? Kumole 15 avril 2022 Ă 2051 âą 79856Bah en fait, c'est pas ça. Je parlais de voie orientale, avec un certain "vide" comme finalitĂ©. En occident, c'est l'inverse, il faut remplir, le vide est mal vu on n'a pas eu le zĂ©ro en mathĂ©matiques pendant des siĂšcles, et forcĂ©ment ça progressait pas, avant qu'il ne soit piquĂ© aux Indiens, via les Arabes, pendant les pĂ©riodes Croisades / Reconquista / tout ça. Et ça finit aujourd'hui sur une sorte d'hystĂ©rie collective oĂč il faut faire, tout le temps, des trucs, ĂȘtre productif, ĂȘtre positif, ĂȘtre en pleine forme, ĂȘtre au taquet, et si on foire, c'est qu'on n'a pas assez travaillĂ©. Je trouve cela extrĂȘmement dangereux. Car, au delĂ du fait que cette attitude ne permet pas de "respirer", elle ne laisse aussi pas de place Ă l'intention, qui prĂ©cĂšde. En fait, la vie est respiration. Se poser. Inspirer. Echange gazeux. Expirer. La vie c'est ça, non ? Pour moi, l'immobilitĂ©, ce n'est pas forcĂ©ment "ne rien faire", c'est rester bloquĂ© sur quelque chose, ne pas Ă©voluer. Mais on rentre dans du pignolage sĂ©mantique, j'ai l'impression. Enfin, on, je. Un temps pour l'action, un temps pour la contemplation. Le repos peut ĂȘtre l'occasion de se poser, apprĂ©cier, faire le bilan, savourer... non ? zozottele 15 avril 2022 Ă 2100 âą 79857Ouiđ Le nĂ©ant a du bon alors ? Ouf ! J'adore Kumo ce que tu dis. Donc mince cette fois c'est moi qui insiste !,nous sommes nous mĂȘmes,et puis c'est tout, arrĂȘtez de vous prendre la tĂȘte avec ça. C'est ça hein ? Je n'osais pas le dire, mais c'est ce que je pense en fait,mais tu le dis mieux que moi Kumo. Ou alors tu dis encore autre chose d'encore plus fort,et je ne voudrais pas tout gacher ! Kumole 15 avril 2022 Ă 2107 âą 79858Bah, les Anciens disaient un truc du genre "Connais-toi, toi-mĂȘme." Or, la connaissance, ce n'est pas le mental, ce n'est pas la raison, ce n'est pas du savoir empilĂ©. Ce n'est pas juste de l'expĂ©rience. Ce n'est pas des Ă©checs, des doutes, des Ă©motions, des sentiments. C'est un peu tout cela, et plus encore. Donc ça dĂ©borde de notre mental, et de ce que notre conscience peut Ă©clairer. Cela demande, il est vrai, et une certaine souplesse d'esprit, et une certaine humilitĂ©. Bah vi, le nĂ©ant a du bon. Difficile de pouvoir Ă©crire sur une page dĂ©jĂ remplie de mots et de lettres, de dessiner sur une page qui n'est pas blanche. Difficile de jouer de la musique ou de chanter Ă cĂŽtĂ© d'un marteau-piqueur qui bĂ»che Ă fond. Le nĂ©ant, c'est l'espace nĂ©cessaire que l'on peut investir pour crĂ©er, pour exister. AprĂšs, quand on pense Ă ce genre de trucs, cela peut devenir vraiment vertigineux. Je parle sous le contrĂŽle des autres membres d'Apie, Ă©tant un vulgaire littĂ©raire alors technicien en littĂ©rature, j'ai fait sciences du langage, mais peu douĂ© pour les sciences "dures" certaines et certains prĂ©fĂšrent quand c'est dur. Mais il me semble qu'il y a bien plus de distance entre un noyau atomique protons neutrons et un Ă©lectron qui graviterait autour, qu'entre le soleil et l'Ă©toile la plus proche en proportions hein, pas en distance rĂ©elle. Nous sommes donc faits... de plus de vide que de plein ! Et, chose amusante, il a Ă©tĂ© mesurĂ© rĂ©cemment lĂ aussi je parle sous contrĂŽle, corrigez-moi si besoin, que le vide de l'univers n'est pas totalement vide. Il s'y produit de l'Ă©nergie, mĂȘme Ă un niveau extrĂȘmement faible. zozottele 15 avril 2022 Ă 2113 âą 79859Mais dire "je suis moi mĂȘme",est il un manque d'humilitĂ© ? Kumole 15 avril 2022 Ă 2122 âą 79860Ou un voeu pieu ? zozottele 15 avril 2022 Ă 2125 âą 79861Tu m'intĂ©resse Kumo hein !đ Un voeu pieu? Pourquoi ? Kumole 15 avril 2022 Ă 2148 âą 79862Oh, je ne peux que montrer le chemin possible. A toi de le parcourir. Ou pas. Cela dit, si tu te sers beaucoup du mental, tu n'iras pas loin... zozottele 15 avril 2022 Ă 2215 âą 79863D'accord avec ça oui. Parcourir le chemin. Mais tu ne rĂ©ponds pas Ă la question mince ! Le mental, le physique, tout joue oui. Mais un voeu pieu je ne partage pas cet avis, nous n'avons pas le mĂȘme,ce n'est pas trĂšs grave. Ătre soi mĂȘme pour moi, c'est ĂȘtre libre de nos sentiments. Ce n'est ni mental ni physique, c'est une Ă©vidence, c'est en nous. C'est ĂȘtre en phase avec nous mĂȘme et avec notre environnement,avec nos pensĂ©es et nos actes. C'est agir sans culpabilitĂ© ni regrets ni remords. C'est vivre en paix avec nous mĂȘme et avec les autres. Ătre soi mĂȘme, c'est tout ça pour moi,et donc pas un voeu pieu. Pour moi,dire que c'est un voeu pieu, c'est passer Ă cĂŽtĂ© de beaucoup de choses. Surderienle 15 avril 2022 Ă 2334 âą 79864. Cette union commune d'ĂȘtre, comprĂ©hension mutuelle du dĂ©sir fondamental de bien ĂȘtre, et d'y ĂȘtre, transcende alors les difficultĂ©s du quotidien et du boulot. Le travail en Ă©quipe est alors animĂ© par ces mĂȘmes valeurs partagĂ©es d'Ă©panouissement de l'ĂȘtre... Communication positive aussi en famille... Le cheminement d'une vie rĂ©alisĂ©e se rĂ©alisant encore et encore au quotidien. A travers sa propre vie et Ă travers celle des autres... L'expĂ©rience du cheminement de Mooji Ă travers la vie, indienne ou bretonne, la mĂȘme culture diffĂ©rente commune... Difficile Ă mettre en mot sans intellectualiser dans la dualitĂ©. Simplement, vivre au quotidien, dans l'Ă©vidence et la rĂ©sonance d'y ĂȘtre... On y est... Simplement, on y est... Il n'y a rien Ă faire pour y ĂȘtre, car on y est dĂ©jĂ ... Mais le mental lutte pour intellectualiser car il a peur du nĂ©ant. Il fuit la complĂ©tude car le jeu de l'ego serait mort. Et il se programme Ă le poursuivre, Ă continuer Ă nous faire chercher. Alors que cette complĂ©tude, cette bĂ©atitude permanente Ă travers le quotidien, elle est lĂ , en chaque instant, perpĂ©tuelle rĂ©alisation de vivre en se rĂ©alisant. đ zozottele 15 avril 2022 Ă 2345 âą 79865Hey Surderien, je crois qu'on est sur la mĂȘme longueur d'ondes.đ ArrĂȘtons les mots alors, mais comment partager sans mots ? MaisEncorele 16 avril 2022 Ă 0038 âą 79866OUPS, message envoyĂ© sans vĂ©rifier la derniĂšre Ă©dition đ . Il faisait suite Ă celui de 22h15. Ah, je viens de lire les 2 intermĂ©diaires, ça va le faire, comme avec Surderien vous ĂȘtes sur la mĂȘme longueur d'onde đ Ce que tu viens de dĂ©crire zozotte suppose une maĂźtrise de tous les Ă©lĂ©ments de ton environnement, ce qui est un leurre. Tu peux t'en persuader pour te sentir libre, et cela permet certainement de faire beaucoup de choses, mais ça devient vite contradictoire... "Libre de tes sentiments" encore faut-il savoir d'oĂč ils viennent ou par quoi ils ont Ă©tĂ© forgĂ©s... "cette Ă©vidence" quelle est-elle ? Pour certain elle est de tuer des gens par ex... "ĂȘtre en phase avec ton environnement" sais-tu mesurer ton angle de vision-perception et comprĂ©hension ? "agir sans culpabilitĂ© ni regrets ni remords" cela implique de ne pas tenir compte de l'autre... "vivre en paix avec nous mĂȘme et avec les autres" ce serait faire abstraction totale de la singularitĂ© de chacun ce qui conduirait aussi Ă tout accepter, mĂȘme le pire par ex... Je ne cherche pas Ă dĂ©monter tes arguments, juste Ă ouvrir un spectre un peu plus grand sur "ces Ă©vidences" qui sont rassurantes et motivantes mais qui ne peuvent s'appuyer sur quelque chose de solide sans qu'un certain "travail" ne soit initiĂ©, ce ne peut qu'ĂȘtre un point de dĂ©part pour aller vers une conscience rĂ©ellement Ă©mancipatrice... citation la vie est respiration Oui, la vie est mouvement. Ou plus vulgairement action/rĂ©action infini... que nous essayons de sentir, comprendre et maĂźtriser... oui je pense aussi que tout est question d'intention et de cheminement đ Alors Zozotte, c'est de la bonne ça ? rĂ©flexionđ Bon, je fais la maline mais mon "intention" est bien de poser d'autres choses pour que nous "cheminions" ensemble đ đ Laurent...le 16 avril 2022 Ă 0050 âą 79867Tu prends tout au mot lĂ đ Le mot dit est le mot ment, soigner ses mots, distinguer les mots des rations, et...pfuit, envolĂ©e ma crĂ©ativitĂ© ! J'adore la Kumologie, j'en suis adepte ! Ainsi que Surderien đ La premiĂšre question qui m'est venue en lisant le titre a Ă©tĂ© est-on le mĂȘme soi au quotidien ? Puis combien de soi en moi ? Fais t-on de plus beaux rĂȘves dans des draps de soie ? Hors sujet!!!quoique... Recalibrage... C'est quoi ĂȘtre soi mĂȘme alors ? Je pencherais pour la synchronisation de son corps et de son esprit, mais la tĂąche est loin d'ĂȘtre Ă©vidente. Puisque on parlait de travail, l'aliĂ©nation qu'il procure est il bĂ©nĂ©fique Ă tout autre entitĂ© exceptĂ© celle du compte bancaire et encore... ? Je crois que notre façon de travailler destructure quelque part le soi. La quĂȘte vers l'"ĂȘtre soi" est immatĂ©rielle, ne peut ĂȘtre achetĂ© qu'avec du temps. Hors le travail nous prend beaucoup trop de temps tiens, je crois que j'ai du bosser 8 ou 9 jours depuis le dĂ©but de l'annĂ©e... Je fais attention, j'ai un Mr Robot bonne sĂ©rie en moi qui ne demande qu'Ă s'exprimer đ Peut-ĂȘtre que dans le fond, ĂȘtre soi mĂȘme, c'est de ne pas se poser la question... rĂ©ponse est quantique ? Bien avancĂ© hein ? đ zozottele 16 avril 2022 Ă 0719 âą 79870citation Peut-ĂȘtre que dans le fond, ĂȘtre soi mĂȘme, c'est de ne pas se poser la question... rĂ©ponse est quantique ? Bien avancĂ© hein Oui Laurent... , peut ĂȘtre Ă©normĂ©ment avancĂ© mine de rien !đ ces Ă©vidences" qui sont rassurantes et motivantes mais qui ne peuvent s'appuyer sur quelque chose de solide sans qu'un certain "travail" ne soit initiĂ©, MaisEncore, Qui te dis que je n'ai pas fait de "travail"? Je te renvoie le leurre de penser qu'on ne peut pas comprendre son environnement. Vivre en paix avec les autres, ça veut dire accepter comme ils sont,et vivre en paix avec soi mĂȘme, c'est accepter nos qualitĂ©s comme nos dĂ©fauts, tout comme vivre sans culpabilitĂ© ni remords. C'est comprendre que l'on fait ce que l'on peut,nous comme les autres,et c'est dĂ©jĂ beaucoup. Mon Ă©vidence n'est pas de tuer des gens, ça ne se voit peut ĂȘtre pas? Mon Ă©vidence est de partager des ressentis,mais je crois que Surderien a raison, ça ne se partage pas avec des mots. Kumole 16 avril 2022 Ă 0728 âą 79871Petit rappel de cet accord toltĂšque Non ce n'est pas un extrait de textes sacrĂ©s anciens en sanskrit, juste du new age mais ça suffira pour le contexte "Ne pas prendre les choses personnellement". zozottele 16 avril 2022 Ă 0825 âą 79873Je suis d'accord Kumo. Bon,je disais dans mon Ă©noncĂ© "Pouvons nous nous tromper si c'est subjectif,et qui decide si on se trompe ?" Le problĂšme vient peut ĂȘtre de la. Personne ne se trompe, alors personne ne dĂ©cide si on se trompe. D'oĂč viennent nos dĂ©saccords alors ? De notre vĂ©cu,de nos expĂ©riences,de nos ressentis. Pouvons partager nos ressentis sans jugements ? Peut ĂȘtre oui,mais c'est pas facile. Surderienle 16 avril 2022 Ă 0855 âą 79874citation laurent La premiĂšre question qui m'est venue en lisant le titre a Ă©tĂ© est-on le mĂȘme soi au quotidien ? Puis combien de soi en moi ? Fais t-on de plus beaux rĂȘves dans des draps de soie ? Hors sujet!!!quoique... Recalibrage... đ On est soi-mĂȘme par rapport Ă soi ou par rapport aux autres ? Ou par rapport aux deux ? Dans son soi ou dans la soie ? Au quotidien ou en fonction du moment ? Travail de recalibrage de son rapport au monde extĂ©rieur en fonction de son propre monde intĂ©rieur? Comment articuler mon moi et mon soi ? Ton toi et ton soi ? Soyons modeste ? Ensemble ? L'utopie c'est la vie ? đ€ Opicinole 16 avril 2022 Ă 1124 âą 79877IntĂ©ressant dĂ©bat, contributions instructives. C'est tellement compliquĂ©. DĂ©jĂ ĂȘtre soi mĂȘme sonne comme une injonction Ă une conformitĂ© Ă soi. Une conformitĂ© de plus ! Comme si tout le soubassement de notre personne ne valait rien qui vaille pour nous caractĂ©riser. Ătre est dĂ©jĂ difficile alors soi mĂȘme l'est autant car on se verrait plutĂŽt comme Ă©tant ceci ou cela, naturellement en bien, bien Ă©videmment et donc Ă camoufler tout le restant moins noble ou alors Ă le couvrir ou l'excuser de raisons extrinsĂšques hĂ©hĂ©. Etre soi mĂȘme dans nos modĂšles si contrits et contraignants appliquĂ©s sur nos personnes sitĂŽt le nez dehors allez gamin que je te mette debout pour savoir si tu pedales comme la moyenne, le median, et sur quel nuage de points es-tu bonhomme que je te calibre est compliquĂ©. Si j'Ă©tais moins mĂȘme, allez savoir si j'irai pas faire mes courses sans sortir le portefeuille ou Ă jurer comme un charretier. Un nuage de petits soi mĂȘme dans un grand tout qui doit tenir ensemble sans trop de bruits ... pas simple. Voulons nous rĂ©ellement que nous soyons nous mĂȘmes? MaisEncorele 16 avril 2022 Ă 1439 âą 79879zozotte, tu sembles ne pas avoir compris mon propos, ton retour Ă©voque mĂȘme le contraire de ce que j'ai dit. Mais c'est peut-ĂȘtre moi qui ne sais pas m'exprimer, encore une fois... Il est peut-ĂȘtre mĂȘme nĂ©cessaire que j'explique ma "blagounette" "Alors Zozotte, c'est de la bonne ça ? rĂ©flexionđ" faisait rĂ©fĂ©rence Ă ton injonction de dĂ©part "MaisEncore, content que mon Ă©noncĂ© te fasses rĂ©flĂ©chir, c'est le de la bonne rĂ©flexion hein !đ"... Je n'ai visiblement pas compris l'invitation. Je croyais qu'il s'agissait de poser des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion pour cheminer ensemble. Si cela consiste Ă dire "ses vĂ©ritĂ©s" et ne pas accepter les courants d'air qui Ă©voqueraient d'autres dimensions pour avoir l'occasion d'y rĂ©flĂ©chir alors cela s'appelle se faire plaisir... Ăa peut, mais il faut l'assumer donc l'Ă©noncer. Kumole 16 avril 2022 Ă 1522 âą 79880Zozotte, je n'ai pas trouvĂ© les propos de MaisEncore vindicatifs, et encore moins tournĂ©s contre toi. C'est Ă©trange les points de vue... d'autant plus que l'on a plutĂŽt l'air de dire un peu la mĂȘme chose, avec nos mots qui nous sont propres et notre ressenti personnel. La vie. LivrĂ©e sans mode d'emploi. Service aprĂšs-vente inexistant.đ€ đ zozottele 16 avril 2022 Ă 1921 âą 79885MaisEncore si si tu as raison,et Kumo aussi. Je suis un grand susceptible dans mon "ĂȘtre mĂȘme" ! Je veux que l'on chemine ensemble oui, et que tout nos points de vue soit compris et respectĂ©s. Alors si je ne le fait pas moi mĂȘme, Ă quoi sa sert ? Merci Ă vous de participer ! Opicino,je plussois. J'ai encore mis une jauge oĂč il ne fallait pas c'est ça hein ?đ€ Marre de ses jauges ! "Voulons nous rĂ©ellement que nous soyons nous mĂȘmes?" Mais soyons quoi alors ? 16 avril 2022 Ă 1925 âą 79886Mon "moi-mĂȘme ", c'est une expression que j'emploie souvent, mais uniquement lorsqu'il s'agit de parler d'adaptation Ă l'autre, ou aux groupes. Je ne ressens ce moi-mĂȘme que lorsque je constate ma difficultĂ© Ă cĂŽtoyer les autres sans heurter mes valeurs, mon idĂ©al, et ces autres-lĂ mĂȘme. En ce sens, mon moi-mĂȘme ne peut donc ĂȘtre que grand effectivement, puisqu'il ne se satisfait pas de ces relations douloureuses. Mais, pour avoir rencontrĂ© pas mal de gens de apie par exemple, je peux dire que ce moi-mĂȘme est aussi celui qui veut dire que je n'ai pas d'efforts dans le sens adaptation Ă fournir dans la relation, que les choses se font beaucoup plus naturellement. Je dirais donc qu'ĂȘtre soi-mĂȘme, c'est surtout se sentir en phase ou non avec l'autre, les autres. Le soi-mĂȘme tout seul n'existe pas. Et, Ă©videmment, le soi-mĂȘme Ă©volue d'instants en instants, dans la confrontation avec l'autre, ou une de ses traces, une oeuvre, une vision... Magda72le 16 avril 2022 Ă 1934 âą 79888JÂŽaime ce que dit Opicino , un appel prescrit par personne de se conformer Ă soi-mĂȘme est une couche de plus pour conformitĂ© et faut pas, faut pas, bien exprimĂ©. Perso, un jour je suis poltronne pas possible, un autre je pourrais re-conquĂ©rir.... Rome/Carthage, you name it. En fait, dans mon adolescence, jÂŽai soudain relevĂ© une information comme quoi ce nÂŽest pas bon de se dire "tu", depuis je me "jemoie". đ MaisEncorele 17 avril 2022 Ă 1717 âą 79916J'ai Ă©tĂ© "moi-mĂȘme" dans ces Ă©changes. Et ce "moi-mĂȘme" a heurtĂ© la sensibilitĂ© d'un autre, la tienne zozotte, et j'en suis dĂ©solĂ©e. Nous venons lĂ de faire l'expĂ©rience d'une interaction douloureuse entre 2 "entitĂ©s" qui pourtant Ă©taient chacune dans des dispositions positives au dĂ©part... Cela Ă©claire peut-ĂȘtre un peu plus mon propos initial, Ă savoir que toutes les bonnes intentions envers soi-mĂȘme et envers les autres ne peuvent pas nous laisser prĂ©juger de toutes les consĂ©quences qu'elles auront sur nous et sur notre environnement et inversement. Je me rends compte de mon manque de tact. DĂšs qu'il y a dans l'air un souffle de questionnements ou de dĂ©couvertes je fonce, je ne rĂ©siste pas Ă l'idĂ©e de voler dans tous les sens pour aller chercher des chemins d'exploration. J'ai Ă©tĂ© "moi-mĂȘme" et je n'ai pas imaginĂ© que le courant d'air que j'amenais pouvait ĂȘtre violent pour un autre. Je comprends pourquoi, la plupart du temps, les courants d'air font claquer les portes par ce qu'ils Ă©branlent et l'insĂ©curitĂ© qu'ils peuvent dĂ©clencher. Ătre soi-mĂȘme ne dĂ©signe peut-ĂȘtre que son propre rapport au monde, comme ça Ă©tĂ© dit aussi. Il est en perpĂ©tuel mouvement alors charge Ă chacun de faire le cheminement qui est le sien... dans l'espoir de trouver les outils qui lui permettront de vivre heureux. Les fils cinĂ©. lancĂ©s par iM9quuph "Edward aux mains d'argent" et "American beauty" peuvent ĂȘtre des supports, tombĂ©s Ă point nommĂ© đ... iM9quuphle 17 avril 2022 Ă 1851 âą 79924Anatta citation Non-moi », c'est-Ă -dire impersonnel, dĂ©pourvu d'essence individuelle, sans existence propre, sans propriĂ©taire, indigne d'attachement peut dire vide », dans le sens psychologique, et non dans le sens ontologique. Anatta n'est pas, Ă l'instar de tous les enseignements du Bouddha, un principe dogmatique Ă plaquer sur la rĂ©alitĂ©, mais un outil de contemplation, permettant petit Ă petit de ne plus rien considĂ©rer comme moi, mien » et de dĂ©raciner le rĂ©flexe permanent d'appropriation. La croyance en un moi indĂ©pendant Ă©tant l'un des plus puissants liens nous retenant Ă la roue du samsara, c'est-Ă -dire Ă la rĂ©pĂ©tition compulsive et non consciente d'actions gĂ©nĂ©ratrices de souffrance pour soi-mĂȘme et les autres. source zozottele 17 avril 2022 Ă 2028 âą 79927MaisEncore,ne soit pas dĂ©solĂ©e, sinon je devrais l'ĂȘtre aussiđ C'est bien, trĂšs bien mĂȘme,que nous Ă©changions. Et nous sommes assez grands pour savoir faire la part des choses,et c'est ça qui est gĂ©nial ! Alors ne nous genons pas d'ĂȘtre nous mĂȘmes,car nous aimons nos prochains,donc pas de problĂšme Ă Ă©tre nous mĂȘme đ Les us et coutumes,il n'y a pas que toi qui a du mal,moi aussi tu vois. Mais ça ne doit pas nous bloquer, ça doit juste nous permettre d'ĂȘtre encore plus vivants et attentif Ă ceux qu'on aime. zozottele 18 avril 2022 Ă 0726 âą 79934Ben mince,,je me demande maintenant si mon prĂ©cĂ©dent message ne fais pas "moralisateur" ou je ne sais quoi d'autre ! Alors je dirais ça, j'aime beaucoup Ă©changer avec toi MaisEncore,et avec vous tous ici,et comme disait l'autre, "pourvu que ça dure!" Allez,bon lundi de PĂąques Ă vous tous, n'abusez pas du chocolat ! Le chocolat, c'est comme les us et coutumes, c'est bien, mais il ne faut pas en abuser ! Bon j'arrĂȘte j'arrĂȘte !đ MaisEncorele 18 avril 2022 Ă 1513 âą 79947Tout va bien zozotte, tant que nos "moi-mĂȘme" auront envie se lier aux autres alors cela durera. Mais le partage ça s'Ă©prouve... charge Ă moi de mesurer mes Ă©lans et charge Ă toi de ne plus "Ă©corcher mon p'tit coeur tout mou" ! On va bien y arriver đ. Et si je veux j'ai le droit de dire Le chocolat, c'est no limit !!!! đ đ€ D'ailleurs j'ai vu La Femme Chocolat traĂźner du cĂŽtĂ© de l'humeur musicale du moment... elle a fait un petit crocher par ici pour participer Ă la discussion đ voir la vidĂ©o Kobayashile 18 avril 2022 Ă 2224 âą 79964zozotte je dirais ressentir un bonheur inaltĂ©rable et une joie infinie ! đ MaisEncorele 19 avril 2022 Ă 1602 âą 80000Alors... La bĂ©atitude, la rĂ©silience, la rĂ©sistance, l'Ă©goĂŻsme, l'innocence, la transformation, la vision, l'unitĂ©, la multiplicitĂ©... C'est tout ça Ătre ou Vivre en rĂ©alisant dans les 2 sens du terme ce que l'on est, non ? Que la seule notion qui peut nous ĂȘtre rĂ©ellement commune n'est-elle pas celle du choix ? Que tout est question d'ouverture d'esprit, de croyances et de choix ? đ zozottele 19 avril 2022 Ă 1807 âą 80002Croyances et choix oui. Chacun ses choix et ses croyances. Ătre soi mĂȘme, c'est croire en ses mal ça oui! Mais pourquoi parler d'Ă©goĂŻsme ? MaisEncorele 19 avril 2022 Ă 1839 âą 80004ĂgoĂŻsme pour Ă©voquer tout ce qui se rattache Ă la construction et la "nourriture" de l'ego comme Ă©lĂ©ment protecteur ou Ă©mancipateur par exemple cela peut ĂȘtre une premiĂšre marche. Tu remarqueras que je ne prends que des exemples positifs cette fois, j'ai bien compris qu'ici nous sommes tous des đ đ. Mais oui, effectivement il y avait peut-ĂȘtre mieux comme terme, si tu as... đ Et pourquoi Ă©luder "ouverture d'esprit" ? Kobayashile 19 avril 2022 Ă 2143 âą 80019MaisEncore la question du choix, effectivement. Je croyais que tout le monde, comme moi, avait une claire vision des choix dans sa vie et la capacitĂ© de les choisir en complĂšte connaissance de causes. HĂ©las, je dĂ©couvre avec sutpeur et effroie que je suis un cas rare, Ă la fois sur la claire vision des choix et sur la capacitĂ© Ă choisir. L'ignorance est largement rĂ©pandue, et le choix en pĂąti. D'ailleurs, si chacun Ă©tait en pleine possession des choix, je pense que le monde serait bien diffĂ©rent...đ Corolaire, ĂȘtre soi-mĂȘme n'est pas acquis ! MaisEncorele 19 avril 2022 Ă 2251 âą 80024Kobayashi, lĂ encore je n'ai peut-ĂȘtre pas employĂ© le bon terme. Je voulais exprimer "la volontĂ© de"... qui me paraissait ĂȘtre le point commun trouvĂ© aux quelques dĂ©finitions exprimĂ©es ici. Car s'il y a bien une particularitĂ© Ă cette question de dĂ©part c'est que, passĂ© la standardisĂ©e, la rĂ©ponse est induite il y a autant d'approches et d'appropriations que d'individus, que de "soi"... đ. D'ailleurs je remarque que personne ne l'a donnĂ© cette rĂ©ponse standardisĂ©e, que chacun a foncĂ© direct sur sa propre vision et/ou utilisation. Cela montre les dĂ©marches individuelles qui sont opĂ©rĂ©es et engagĂ©es par chacun de nous, je trouve ça chouette... Pour la question du choix, oui, il est bien dĂ©pendant de l'ouverture d'esprit et des connaissances qui vont pouvoir ou non en dĂ©couler... C'est aller un peu vite que de dire cela car cela ne prend pas en compte tout notre environnement porteur des non-choix auxquels nous sommes soumis, mais restons sur le choix conscient et possible pour l'instant đ L'ouverture d'esprit est pour moi la curiositĂ©, l'envie, la joie du fait mĂȘme d'apprendre donc de se transformer Ă chaque instant et indĂ©finiment. L'ignorance est castratrice, pire encore elle est souvent porteuse de nos plus grandes peurs... Enfin il me semble... Donc, comme je l'ai dĂ©jĂ dit sur un autre fil, pour moi le moteur de tout rĂ©acteur c'est l'envie ! Il faut donner envie, je reste persuadĂ©e que la premiĂšre action humanitaire qui devrait ĂȘtre engagĂ©e partout sur cette planĂšte c'est celle de donner envie Ă tous, l'envie de comprendre pour s'amĂ©liorer, l'envie de s'amĂ©liorer pour aimer tout ce qu'il y a Ă aimer !!!! đ€ đ€ đ€ đ€ Bon ça y est Kobayashi, tu as rĂ©ussi Ă me faire craquer đ đ PS Depuis le dĂ©but, "ĂȘtre soi-mĂȘme" est systĂ©matiquement associĂ© Ă une notion positive... C'est aller un peu vite lĂ aussi je crois... Mais plus tard peut-ĂȘtre đ Opicinole 19 avril 2022 Ă 2342 âą 80026Et si le moteur de la vie Ă©tait aussi la douleur ? Je cherche Ă manger pour calmer cette faim irritante et Ă©reintante. Le nourrisson cherche dit-on, Ă plaire pour se remplir la panse. L'envie vient aprĂšs ou est un luxe qui survient quand le corps fait silence et que l'on peut enfin entendre ce moteur ronronner. On peut ĂȘtre soi quand on est acteur et parce que l'on est acteur. Et je peux ĂȘtre acteur en dĂ©crĂ©tant ne rien faire. Le faire ne conditionne pas mon identitĂ©, c'est mon lien avec l'instant qui le matĂ©rialise. Je suis moi mĂȘme en forçant ma respiration, en la rompant avec ce mĂ©canisme naturel qui fait gonfler mes poumons. Donc ĂȘtre soi mĂȘme est aussi une rupture. C'est ĂȘtre liĂ© et dĂ©liĂ©, agrĂ©er et disgreer, intercaler un truc entre la rĂ©alitĂ© que je prĂ©sente et le prĂ©sent. Un truc qui n'entre pas forcĂ©ment dans l'ordre des choses, la continuitĂ© attendue. Donc oui cette notion n'a pas de connotation forcĂ©ment positive, je peux vouloir accĂ©der au mal, exercer mon moi ĂȘtre dans la douleur et lui faire toucher Ă mes yeux une puissance enivrante. je vois personnellement un ĂȘtre soi comme une arabesque. Celle qui se façonne dans l'eau quand un objet y pĂ©nĂštre. Aucune arabesque ne ressemble Ă une autre. Les ronds d'eau autour de ma personne, en dedans et en dehors sont des Ă©manations de cet ĂȘtre lĂ que je figure Ă mes yeux pour commencer et aux yeux des autres par espĂ©rance. zozottele 20 avril 2022 Ă 0751 âą 80035MaisEncore je n'elude pas ouverture d'esprit non non, je la place mĂȘme au premier rang. Je n'elude aucun terme que tu employais. Je m'interrogeait sur l'Ă©goĂŻsme. Et je comprends ce que tu veux dire, ĂȘtre soi mĂȘme, ça peut ĂȘtre nĂ©gatif. Tu as raison je pense. Je ne trouve pas mieux que Ă©goĂŻsme d'ailleurs,ou je dirais Ă la place "se mettre des limites" AprĂšs nĂ©gatif pour qui du coup, pour celui qui pense ĂȘtre lui mĂȘme,ou pour son entourage ? Si c'est pour lui mĂȘme et qu'il est heureux, laissons le comme il est. Si c'est pour son entourage,il faut en passer par la discussion. Si ça va plus loin, comme un tueur pour prendre un exemple tout bĂȘte, c'est Ă la loi de trancher. Le tueur sera lui mĂȘme, mais en prison. C'est mon ouverture d'esprit quoi,mon ĂȘtre moi mĂȘme. Opicino ĂȘtre soi mĂȘme c'est ĂȘtre acteur, j'aime beaucoup. Le moteur de la vie peut ĂȘtre la douleur je suis d'accord. De mon cĂŽtĂ©, je vois la douleur comme une Ă©preuve de la vie qu'il faut accepter, pour l'apprĂ©hender, la digĂ©rer, puis rebondir. Et rejoindre ainsi la joie infinie et le bonheur inaltĂ©rable de Kobayashi. Kobayashile 20 avril 2022 Ă 2334 âą 80070Opicino la douleur ou l'Ă©tat d'enfer, la dĂ©pression quoi. C'est un Ă©tat de vie. En sortir demande volontĂ© et aides. MaisEncore serait-ce une idĂ©e de la compassion ? LĂ encore le premier pas est important. Mettre l'Ă©nergie pour faire le premier pas, puis le deuxiĂšme, etc. Planter une cause positive va engendrer des effets positifs et d'autres causes positives. Toute la difficultĂ© est de parvenir Ă transformer une situation nĂ©gative en quelque chose de positif ! iM9quuphle 21 avril 2022 Ă 0725 âą 80073citation En sortir demande volontĂ© et aides. mon avis perso c'est bien plus une question de Temps que de VolontĂ© đĄ Amarle 21 avril 2022 Ă 0929 âą 80082Je crois qu'on est toujours soi mĂȘme. En permanence. Il faut peut-ĂȘtre juste l'accepter. MaisEncorele 21 avril 2022 Ă 1630 âą 80090Opicino, Ces liens de soumission aux besoins primaires peuvent effectivement ĂȘtre perçus comme nĂ©gatifs et manipulations remplissant des fonctions vitales. Mais on peut les voir aussi comme des liens positifs d'union Ă un grand tout »... Depuis l'enfance on nous prĂ©sente les lois de la nature principalement par la chaĂźne alimentaire ! LimitĂ©, non ? Oui dans la nature rien n'est laissĂ© au hasard, tout a son utilitĂ©, tout est complĂ©mentaritĂ© qui va manger qui, qui va sĂ©duire qui l'exemple que tu fais de l'enfant pour survivre et faire perdurer son espĂšce. Oui nous pouvons voir cette soumission aux mĂ©canismes vitaux comme douloureuse mais nous pouvons aussi la voir comme une mĂ©canique de vie qui appelle toujours la vie... Et nous concernant, pouvons-nous parler de rupture » ? Concevoir que nous pourrions rĂ©ellement nous dĂ©solidariser de la nature ? Avant de pĂ©nĂ©trer dans l'eau et faire ses arabesques, l'objet ou ta personne est-elle dans rien » ? đ Quand Ă la jouissance d'explorer cette mĂ©canique dans ces plus sombres et profonds recoins, c'est vrai, il ne faut pas nier son existence, son pouvoir et sa force. AprĂšs... qui dit mĂ©canique dit rouages fait d'engrenages đ et tout l'enjeu du guide de survie du petit Ătre que nous sommes rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă savoir remonter autant que descendre... Pour cela il faut trouver + fabriquer ses propres outils, et avoir du temps oui iM9quuph. Kobayashi, Compassion ? Je ne sais pas, personnellement je le vis plutĂŽt comme se sentir liĂ© Ă ce grand tout » que j'Ă©voquais Ă l'instant. Le mot compassion me donne un goĂ»t d'ascendant de l'un sur l'autre alors bof bof... Mais c'est peut-ĂȘtre moi qui ne sais pas ce qu'est la compassion đ. J'ai employĂ© le terme envie » Ă dessein et non cause ou chose positive car regarde bien les mĂ©canismes pour garder l'image qui se mettent en place et en route avec l'envie, sens comme c'est prĂ©cis et force... Ce qu'il y a de particulier dans l'envie, je crois, c'est qu'elle n'est que l'Ă©tincelle, elle laisse donc intacte la libertĂ© qui est propre Ă chacun pour poursuivre Ă sa façon. Cette notion de libertĂ© est trĂšs importante pour moi. Mais oui, faut-il encore trouver comment donner envie... ce n'est pas facile ; l'observation de "l'autre" et l'Ă©nergie que l'on peut vĂ©hiculer soi-mĂȘme sont cependant de bons supports đ. iM9quuph, nous ne sommes pas revenus sur Anatta »... Il est toujours dĂ©licat de parler des croyances mais cette approche, mĂȘme si un peu pointue, est trĂšs intĂ©ressante. Tu ne veux pas te lancer » un peu ? đ Amar, zozotte, Accepter quoi ? On ne peut accepter que ce que l'on connaĂźt sinon cela s'appelle de la soumission non consciente donc non active pour reprendre la notion d' acteur » qui est trĂšs juste. La rĂ©ponse Ă la question de dĂ©part serait alors on sait pas et on laisse faire ! đ Donc cette notion de l'Ătre conscient de ce qu'il Est tombe Ă l'eau, cela ne va pas plaire Ă certains đđ, ce n'est pas vraiment le reflet de ces grandes qualitĂ©s et capacitĂ©s supĂ©rieures que l'on prĂȘte Ă l'Homme... Non ? đ zozottele 21 avril 2022 Ă 1807 âą 80092citation on sait pas et on laisse faire. Ou c'est tout le contraire? Amarle 21 avril 2022 Ă 1818 âą 80093Accepter que nos diffĂ©rentes facettes sont le puzzle de ce que nous sommes. Vouloir savoir ce que signifie ĂȘtre soi me fait croire qu'il y a un dĂ©calage entre un soi imaginĂ© idĂ©alisĂ© ? et un soi constatĂ©. Or je pense que les 2 sont juste les facettes d'une mĂȘme personne. AprĂšs, est-ce que ces diffĂ©rents soi sont acceptĂ©s, c'est un point personnel iM9quuphle 21 avril 2022 Ă 1844 âą 80094citation nous ne sommes pas revenus sur Anatta » MaisEncore il en est justement question dans le chapitre que vient de terminer Livre Comprendre la pensĂ©e du Bouddha Premiere partie ce que le bouddhisme n'est pas dans cette partie les chapitres abordent les prĂ©jugĂ©s sur le bouddhisme citation Chapitre 2 Le Bouddha et l'hindouisme PrĂ©jugĂ© n°2 "La pensĂ©e du Bouddha ne prĂ©sente que des diffĂ©rences superficielles avec l'hindouisme. Corrollaire comme ce dernier, le bouddhisme enseigne que l'Ăąme de l'homme est divine et que le but de la vie sprituelle est de rĂ©aliser son identitĂ© avec l'absolu" Mon marque-page est sur la dĂ©finition du mot Anatta je peux te la retranscrire ici si tu le souhaites đ Kobayashile 22 avril 2022 Ă 1133 âą 80127MaisEncore la compassion est dĂ©jĂ celle que l'on a pour soi-mĂȘme, de s'accepter tel que l'on est, de s'aimer et de s'apprĂ©cier, tout en continuant Ă progresser dans la vie. Au contraire de la pitiĂ©, il n'y a pas de jugement ni d'ascendance dans la compassion. On pourrait dire que c'est une forme d'amour universel dans l'action. iM9quuph invoquer le bouddhisme sans autre prĂ©cision mĂšne nulle part. Le bouddha Shakyamuni, celui que tout le monde appelle Bouddha, a enseignĂ© pendant 50 ans et a livrĂ© un enseignement trĂšs progressif et didactique comportant 84000 corbeilles. Tu peux y trouver tout et son contraire, sorti du contexte. Donc, non le bouddhisme ne soccupe pas de divin ou d'Ăąme. Il s'occupe de la vie de l'homme sur la terre, comme le Bouddha l'a enseignĂ©. Cela n'enlĂšve rien Ă la possibilitĂ© d'une cosmogonie, juste ce n'est pas le sujet du bouddhisme. Par contre le bouddisme est trĂšs prĂ©cis sur le fonctionnement de l'ĂȘtre humain, notamment dans le SĂ»tra du Lotus, le dernier enseignement avant le Nirvana. zozottele 22 avril 2022 Ă 1704 âą 80134Soyons notre propre Bouddha pour atteindre notre propre Nirvana. Quitte Ă passer pour un Ă©goĂŻste. MaisEncorele 22 avril 2022 Ă 1706 âą 80135Amar, je comprends mieux, tu ne disais pas qu'il ne fallait pas aller chercher plus loin... Que nous sommes constamment nous-mĂȘme et qu'il ne s'agit que d'une question de point de vue. C'est bien cela ? Si oui, pourquoi accepter l'idĂ©e de 2 "soi" alors ? Puisque l'imaginĂ© et le constatĂ© seraient le "soi-mĂȘme" qui nous dĂ©finit. Qu'appelles-tu facettes ? Simples variations adaptatives ou rĂ©ellement entitĂ©s distinctes ? iM9quuph, je t'invitais Ă nous parler de ton cheminement, avec tes mots Ă toi đ. Regarde, moi qui suis timide, je prends le risque. Je me fais claquer la porte au nez, tirer les cheveux... mais j'y vais quand mĂȘme, et ce pour le plaisir de cheminer avec d'autres bien qu'il faille Ă©viter les nid-de-poule sur la route, les crevasses dans la glace ou les ravins bordant les chemins de montagne que sont les jugements. Nous pouvons toujours donner nos sentiments et avis je crois, si ceux-ci font toujours place et appel Ă "mais encore..." đ, ils ne peuvent qu'ĂȘtre richesses partagĂ©es đ... Kobayashi, je vois tout Ă fait ce que tu veux dire et pour en revenir aux dĂ©buts de cette idĂ©e, il est bien question de l'amour de soi et des autres. Et j'ai tendance Ă toujours voir la diffusion des bonnes et belles intentions plutĂŽt que l'affrontement des nĂ©gatives comme tu sembles souhaiter le faire. Je ne suis pas douĂ©e pour ça, moi je suis une diplomate, une mĂ©diatrice đđ. Ma posture est plus dans la "transformation" que dans la "correction", plus dans l'enrichissement de l'environnement gĂ©nĂ©ral. La faiblesse que l'on pourrait trouver Ă cette posture est qu'elle n'attend pas de rĂ©sultat, elle donne pour donner et laisse chacun libre de s'enrichir ou pas. Il est donc plus difficile pour moi de penser "dĂ©construction" pour aider quelqu'un... Quand au terme compassion, j'ai encore du mal Ă ne pas entendre le sentiment de pitiĂ© ainsi que sa racine ecclĂ©siastique. Tu ne m'en veux pas đ? Je lui prĂ©fĂšre la "prise en compte" ou "respect" de l'autre, notions ignorĂ©es et/ou dĂ©valorisĂ©es aujourd'hui, Ă mon grand regret... đ iM9quuphle 22 avril 2022 Ă 1817 âą 80138MaisEncore je trouve le concept de non-soi particulierement intĂ©ressant, je me demande juste combien sommes nous curieux par l'idĂ©e de mettre de cotĂ© le concept d'identititĂ© indivisible est permanente. MaisEncorele 22 avril 2022 Ă 2136 âą 80149citation un outil de contemplation, permettant petit Ă petit de ne plus rien considĂ©rer comme moi, mien » et de dĂ©raciner le rĂ©flexe permanent d'appropriation iM9quuph, c'est ce que je trouve intĂ©ressant... Pour toi, Ă quoi peut servir cette contemplation ou ce "non-moi" pour enrichir le "moi" ? Quelle transformation permet-elle ? PS Je ne suis pas certaine d'avoir bien compris "le concept d'identititĂ© indivisible est permanente". = IdentitĂ© qui se pense diffĂ©rente et/ou sĂ©parĂ©e de la nature ? iM9quuphle 22 avril 2022 Ă 2145 âą 80153MaisEncore quelle transformation ? dĂ©couvrir que ce que l'on croit ĂȘtre n'est que suite de phenomenes naissants, subsistants, disparaissants, dans un enchainement si rapide qu'il nous illusionne d'un soi, d'un ego existant, existant et existant encore. citation "le concept d'identititĂ© indivisible est permanente". peut ĂȘtre cela rĂ©pond aussi Ă cette question. 22 avril 2022 Ă 2159 âą 80155Je suis d'accord avec toi iM9quuph, on ne pense qu'au passĂ© et au futur, ou, autrement dit, Ă ce qui nous a "fait" et Ă ce que nous ferons. Et l'ĂȘtre la prĂ©sence passe Ă la trappe. Sauf quand on est en train de se rĂ©galer. Mais de quoi? De ressentir, par les sens. Sinon, il y a le coeur, et ces sentiments qui nous font comme une alarme. MaisEncorele 22 avril 2022 Ă 2207 âą 80156Oups, Juliette. je ne t'ai pas vu passer... J'Ă©tais sur le post prĂ©cĂ©dent ; je pense Ă ce que tu as Ă©crit et je reviens đ đ ... L'homme "lambda" que nous sommes se pose la question de savoir "ce" qu'il est car sa conscience lui permet d'avoir la une vision et un rapport au monde. Il a besoin de ce repĂšre qu'il appelle ego... ce qui ne l'empĂȘche pas d'avoir conscience du mouvement constant et permanent de celui-ci. Des disciplines nous permettent de percevoir et d'atteindre certains stades / niveaux de conscience et c'est en cela que je me demandais comment utiliser ces voies pour transformer / enrichir notre prĂ©sence et action individuelle ici et maintenant, dans un collectif / une vie sociale... Je compte sur toi iM9quuph pour me dire si je me perds, hein đ Tethysle 23 avril 2022 Ă 0242 âą 80173Bonjour Ă tous et merci pour l'ouverture de ce fil zozotte đ J'ai pour ma part apprĂ©ciĂ© l'ensemble de vos contributions qui sont autant de regards croisĂ©s et donc de rĂ©ponses Ă la question posĂ©e. đ Je pense notamment Ă celle de Amar que je trouve particuliĂšrement pertinente tout comme les prĂ©cisions apportĂ©es "Accepter que nos diffĂ©rentes facettes sont le puzzle de ce que nous sommes. Vouloir savoir ce que signifie ĂȘtre soi me fait croire qu'il y a un dĂ©calage entre un soi imaginĂ© idĂ©alisĂ© ? et un soi constatĂ©. Or je pense que les 2 sont juste les facettes d'une mĂȘme personne. AprĂšs, est-ce que ces diffĂ©rents soi sont acceptĂ©s, c'est un point personnel" Le propos developpĂ© par Amar rejoint en effet celui du champ psychanalytique Ătre Soi reviendrait donc Ă parvenir Ă minimiser ses biais, Ă interroger ses actions Ă la lumiĂšre de notre passĂ© introspection et de nos futures rĂ©alisations. Ătre Soi impliquerait surtout de pouvoir mesurer et comprendre dans quelle mesure notre adaptabilitĂ© sociale, produit de la construction de nos acquis, de notre Ă©ducation et notre expĂ©rience, nous pousserait Ă nous Ă©loigner de ce que nous sommes ou souhaiterions ĂȘtre idĂ©alement. Aussi, cette quĂȘte du Soi impliquerait nĂ©cessairement une part de dĂ©construction afin de pouvoir pleinement s'accepter Soi dans son rapport Ă l'Autre et aux autres, sans pour autant cĂ©der Ă ses pulsions primaires. On ne pourrait donc qu'ĂȘtre plus fidĂšle Ă ce que l'on est sans pourtant ĂȘtre totalement Soi sauf Ă supposer de renoncer Ă l'idĂ©e d'ĂȘtre un animal social. MaisEncore "Accepter quoi ? On ne peut accepter que ce que l'on connaĂźt sinon cela s'appelle de la soumission non consciente donc non active pour reprendre la notion d' acteur » qui est trĂšs juste. La rĂ©ponse Ă la question de dĂ©part serait alors on sait pas et on laisse faire ! ? Donc cette notion de l'Ătre conscient de ce qu'il Est tombe Ă l'eau, cela ne va pas plaire Ă certains ??" S'accepter reviendrait donc Ă pouvoir se voir mais surtout Ă se reconnaĂźtre aussi dans le lien qui nous unit Ă l'Autre. Parce l'on accepterait le fait d'ĂȘtre soumis Ă des mĂ©canismes psychiques inconscients et que l'on se rendrait capables de leur observation et comprĂ©hension, alors nous pourrions Ătre l'acteur de ce Soi que l'on aurait enfin acceptĂ©; en somme, devenir un Ătre conscient, observateur de son inconscience. đ MaisEncore "Depuis l'enfance on nous prĂ©sente les lois de la nature principalement par la chaĂźne alimentaire ! LimitĂ©, non ? Oui dans la nature rien n'est laissĂ© au hasard, tout a son utilitĂ©, tout est complĂ©mentaritĂ© ..." Le hasard, l'alĂ©atoire, existe dans la Nature s'agissant par exemple de l'Ă©volution des espĂšces mutation, migration de populations, sĂ©lection naturelle, dĂ©rive gĂ©nĂ©tique,.. đ Quelle est la part de dĂ©terminisme dans le Vivant et Ă l'inverse d'indĂ©terminisme ? Toute loi nĂ©cessaire est-elle pour autant dĂ©terministe ? Serions-nous alors tous condamnĂ©s Ă la rĂ©pĂ©tition de nos comportements et par lĂ mĂȘme aveuglĂ©s par l'illusion du Soi ? MaisEncore "Et nous concernant, pouvons-nous parler de rupture » ? Concevoir que nous pourrions rĂ©ellement nous dĂ©solidariser de la nature ?" Je suis d'accord avec toi sur le fait qu'en tant qu'espĂšce parmi d'autres espĂšces, l'Homme n'est pas en dehors de la Nature et ce, mĂȘme s'il feint de l'oublier au point de vouloir la maĂźtriser jusqu'Ă la dĂ©rĂ©guler et la dĂ©truire. Cependant, l'Homme est-il nĂ©cessairement condamnĂ© Ă sa nature dĂšs lors qu'il conscience de celle-ci au point de pouvoir l'observer ? đ C'est parce que nous avons la conscience de ce que nous sommes que nous pouvons, selon moi, dĂ©passer nos comportements instinctifs et oeuvrer pour rompre la chaĂźne des rĂ©pĂ©titions afin d'Etre l'acteur de celui que nous deviendrons par la reconnaissance du Soi. iM9quuphle 23 avril 2022 Ă 0242 âą 80174citation pour me dire si je me perds, je n'ai pas l'impression qur tu te perde MaisEncore citation transformer / enrichir notre prĂ©sence et action individuelle ici et maintenant, dans un collectif / une vie sociale... par une pensĂ©e, une parole, une action sans ego je pense qu'il est possible d'acceder Ă un pouvoir qui soit autant bĂ©nĂ©fique Ă soi qu'aux autres dĂ©solĂ©, il est 02h36, c'est mon inspiration un peu embrumĂ©e qui s'exprime. Juliette. citation Sauf quand on est en train de se rĂ©galer. Mais de quoi? De ressentir, par les sens. La sensualitĂ© est Ă prendre telle quelle, le plus difficile est d'ĂȘtre attentif aux constructions mentales qu'elle peux provoquer. dĂ©solĂ©, il est 02h40, la brume est encore prĂ©sente. 23 avril 2022 Ă 0317 âą 80180Etre ici et maintenant suffit, cela s'appelle la conscience. đ đ zozottele 23 avril 2022 Ă 0646 âą 80197Il s'en passe des choses Ă 2h42 ici!đ Je rĂ©ponds sur le "accepter quoi", tout en disant aussi que Amar a trĂšs bien expliquĂ© je trouve,et j'aime beaucoup le rappel que c'est aussi personnel. Nous sommes tous diffĂ©rents, alors nous ne trouverons jamais un accord sur tout. Et c'est tant mieux. Pour moi, s'accepter, ça n'empĂȘche pas d'Ă©voluer encore et encore. C'est mĂȘme plus facile d'Ă©voluer une fois que l'on a acceptĂ©s qui l'on est. Accepter que l'on ai des dĂ©fauts ne veut pas dire ne pas vouloir changer. Ăa veut plutĂŽt dire se comprendre, pourquoi nous rĂ©agissons comme ça, Ă un instant T,au prĂ©sent donc. Pouvons nous rĂ©agir autrement dans une mĂȘme situation ultĂ©rieure ? DĂ©sirons nous nous amĂ©liorer ? C'est en s'acceptant que nous pouvons Ă©voluer. C'est ma vision. S'accepter comme nous sommes pour vivre pleinement au prĂ©sent. Nous avons tous des visions diffĂ©rentes et c'est aussi personnel, personne n'a raison ou tord. L'important c'est de vivre au mieux,en nous mĂȘme et avec les autres. Kobayashile 23 avril 2022 Ă 1837 âą 80237Juliette. intĂ©ressant cette rĂ©fĂ©rence au passĂ© et au prĂ©sent. En fait, il n'existe que le prĂ©sent, qui contient Ă la fois le passĂ© et le futur. Le passĂ© apporte les effets des causes, elles-mĂȘmes plantĂ©es dans le prĂ©sent vers le futur. Le non-soi amĂšne au nihilisme. On a vu ce que cela donne, aussi bien en systĂšmes politiques qu'en religion. Le non-soi ne fonctionne pas quand on est vivant. Le vrai non-soi est l'inverse de la vie, donc la mort. En bref, je suis bien ici et maintenant, les romains avaient raison ! đ MaisEncorele 24 avril 2022 Ă 0024 âą 80260Tethys citation Je crois qu'on est toujours soi mĂȘme. En permanence. Il faut peut-ĂȘtre juste l'accepter. Ma question "Accepter quoi ?" faisait suite Ă ce propos d'Amar. Elle Ă©tait donc le questionnement d'une affirmation qui me semblait un peu rapide donc pas explicite, le but Ă©tant de connaĂźtre le contenu plutĂŽt que de donner un avis. J'aurais peut-ĂȘtre dĂ» m'abstenir de dĂ©crire ce qui pour moi n'Ă©tait que l'illustration d'une possible interprĂ©tation de ces propos trop "rapides". Ce qui a peut-ĂȘtre brouillĂ© la piste de mes intentions... mais le dĂ©tail donnĂ© par la suite a permis de continuer... citation "Le hasard, l'alĂ©atoire, existe dans la Nature s'agissant par exemple de l'Ă©volution des espĂšces mutation, migration de populations, sĂ©lection naturelle, dĂ©rive gĂ©nĂ©tique,.. Pour l'instant, personnellement, je ne le crois pas...đ. Et les exemples que tu donnes sont, il me semble, rĂ©sultats d'adaptation Ă des Ă©lĂ©ments et Ă©vĂšnements. citation "Cependant, l'Homme est-il nĂ©cessairement condamnĂ© Ă sa nature dĂšs lors qu'il conscience de celle-ci au point de pouvoir l'observer ? C'est parce que nous avons la conscience de ce que nous sommes que nous pouvons, selon moi, dĂ©passer nos comportements instinctifs et oeuvrer pour rompre la chaĂźne des rĂ©pĂ©titions afin d'Etre l'acteur de celui que nous deviendrons par la reconnaissance du Soi." En quoi ĂȘtre conscient et capable d'observer sa nature nous mĂšnerait Ă l'effacer ? Pouvons-nous vraiment et devons-nous croire qu'il serait possible de nous soustraire Ă la Nature ? Par contre, ce dont nous sommes sĂ»rs c'est que nous pouvons la transformer, l'amĂ©liorer... je ne pense pas que vivre "notre nature" comme une condamnation et/ou la nier soit la solution. Kobayashi Pas de panique đ, nous pouvons voir le "non-soi" comme un outil ou un exercice nous permettant d'atteindre un certain Ă©tat de conscience, ce qui n'empĂȘche de revenir et rester dans la vraie vie quand mĂȘme, non ? Les enseignements sont toujours intĂ©ressants s'ils sont mis en parallĂšle avec d'autres, rien ne nous oblige Ă dĂ©sirer atteindre le Nirvana, qui oui se veut "hors" du temps et du monde... Tethysle 24 avril 2022 Ă 0045 âą 80262citation Ma question "Accepter quoi ?" faisait suite Ă ce propos d'Amar. Elle Ă©tait donc le questionnement d'une affirmation qui me semblait un peu rapide donc pas explicite, le but Ă©tant de connaĂźtre le contenu plutĂŽt que de donner un avis. MaisEncore Cela ne m'empĂȘche pas de donner mon avis. đ citation Pour l'instant, personnellement, je ne le crois pas...?. Et les exemples que tu donnes sont, il me semble, rĂ©sultats d'adaptation Ă des Ă©lĂ©ments et Ă©vĂšnements. Oh, je pense qu'il s'agit moins d'une affaire de croyances que de statistiques en rĂ©alitĂ©. đ citation En quoi ĂȘtre conscient et capable d'observer sa nature nous mĂšnerait Ă l'effacer ? Pouvons-nous vraiment et devons-nous croire qu'il serait possible de nous soustraire Ă la Nature ? Par contre, ce dont nous sommes sĂ»rs c'est que nous pouvons la transformer, l'amĂ©liorer... je ne pense pas que vivre "notre nature" comme une condamnation et/ou la nier soit la solution. Je n'ai aucunement prĂ©tendu que l'Homme pouvait "effacer" sa nature bien au contraire puisque je considĂšre, tout comme toi, qu'en tant qu'espĂšce vivante il ne saurait ĂȘtre en dehors de la Nature. Ce que je dis est que parce l'Homme peut s'observer et a conscience de sa nature, il dispose de bon nombre de clefs pour la dĂ©passer. Kobayashile 24 avril 2022 Ă 1601 âą 80285Tethys, MaisEncore, cette question sur le ressenti soi-mĂȘme et le paraĂźtre ĂȘtre soi reste Ă mon avis ouverte. Si le but est de faire correspondre l'un Ă l'autre, "ĂȘtre soi-mĂȘme", cela signifirait deux choses que je suis capable de transmettre ce que je suis dans mon paraĂźtre, et deux, que les autres comprennent est perçoivent mon ĂȘtre et mon paraĂźtre. Pour ces deux points, je pense et l'expĂ©rience me le montre, que nous sommes en dĂ©calage plus ou moins grand entre notre ĂȘtre et notre paraĂźtre, et surtout, que les autres perçoivent tous des choses diffĂ©rentes Ă un instant T. J'Ă©carte les manipulateurs professionnels comme les acteurs, par exemple. LĂ oĂč cela devient intĂ©ressant est de rĂ©itĂ©rer l'ĂȘtre et le paraĂźtre. Au fil du temps, je pense que l'on parvient Ă dĂ©celer chez soi et chez les autres de grandes tendances dans l'ĂȘtre et le paraĂźtre. Il y a aussi des personnes avec une sensibilitĂ© plus forte qui vont capter de suite une personne, mĂȘme si elle croit ne rien montrer de son ĂȘtre. Cela créé un autre dĂ©alage, relationnelle, entre les consciences rĂ©ciproques et les perceptions. On arrive maintenant Ă un autre sujet, les Ă©motions et les sentiments, vecteurs des relations entre les ĂȘtres. Bigre đ Opicinole 24 avril 2022 Ă 1945 âą 80300Oui car dans l'ĂȘtre s'enoncerait le paraĂźtre et ce souci de se reprĂ©senter aux yeux des autres est plutĂŽt puissant. Or qui dit reprĂ©sentation dit image. Quelle image vais-je produire aux yeux des autres ? Pour certains, c'est commode, tant il y a des codes, un cadastre qui stratifient les images pour une traduction claire. Je suis un actif donc je suis ceci, je suis gros donc me voici cela, je suis en costard cravate et donc le voussoiement me sera octroyĂ© naturellement. Que des clichĂ©s en somme, qui ont la vie dure et donc lois voic peints suivant des traits et une couleurs sur lesquels nous n'avons pas la maĂźtrise. C'est angoissant et oppressant. Certains conscients de cette image en font leur marque et se contraignent Ă dissimuler ce qu'ils sont pour simuler ce qu'ils ne sont pas, afin de se conformer Ă cette image qu'ils donnent d'eux. Le but Ă©tant de devenir un objet d'attention, qu'on retient lĂ une embauche ou ici un groupe cĂŽtĂ©, huppĂ©. Et donc aussi la belle affaire d'ĂȘtre admirable s'il n'y a personne pour nous admirer. L'image nous supplante et confĂšre notre importance aux yeux des autres Ă notre dĂ©triment car alors on ne devient plus ce que l'on doit devenir deviens ce que tu es, on devient ce que d'autres veulent que nous soyons. D'autant qu'on ne se voit pas. on donne Ă voir. Mais on est aveugle sur soi mĂȘme dĂ©pendant de l'autre et de son regard qui conditionne son avis. Aussi ĂȘtre soi mĂȘme Ă©trangement impliquerait de se dĂ©tacher du regard de l'autre pour pourvoir se voir un peu plus sans tous ces artifices et attentes implicites, dĂ©nudĂ© de ce paraĂźtre. zozottele 24 avril 2022 Ă 2259 âą 80303citation Aussi ĂȘtre soi mĂȘme Ă©trangement impliquerait de se dĂ©tacher du regard de l'autre pour pourvoir se voir un peu plus sans tous ces artifices et attentes implicites, dĂ©nudĂ© de ce paraĂźtre. Oui,je le crois. Est ce vraiment impossible pour vous ? Je crois connaĂźtre la rĂ©ponse.đ Allez un petit rappel de Sarte ! L'enfer c'est les autres, signifie que l'enfer, c'est se demander ce que les autres pensent de un enfer de se demander en permanence quelle image nous renvoyons. Alors arrĂȘtons de nous demander ce que les autres pensent de nous,et vivons. Au boulot ou ailleurs, c'est pareil. Opicinole 24 avril 2022 Ă 2348 âą 80305Oui mais hic car en mĂȘme temps, les hommes ne sont pas des Ăźles. Je pense que cette interrogation sur ce que nous sommes tient Ă une pression qui a Ă©tĂ© faite dĂšs lors qu'on a saucissonnĂ© l'homme avec un grand H, on a saucissonnĂ© la femme aussi, considĂ©rant l'individu comme une rĂ©alitĂ© indĂ©pendante sĂ©parĂ©e comme recluse sur elle. Or quoi qu'on dise, le soleil n'est pas soi, mais bien cet autre qui est infernal car il nous rappelle la chaĂźne qu'on poursuit avec lui. Car ce qui est beau, bellement Ă©prouvant je veux dire, est cet Ă©change avec l'autre, cette transfusion qu'on opĂšre avec l'autre qui nous traverse aussi. Que suis-je seule ? zozottele 25 avril 2022 Ă 0723 âą 80320citation ce qui est beau, bellement Ă©prouvant je veux dire, est cet Ă©change avec l'autre, cette transfusion qu'on opĂšre avec l'autre qui nous traverse aussi. Que suis-je seule ? Je suis pleinement d'accord Opicino. Seul non. Echange, Ă©coute,remise en cause personnel,partage, etc etc,oui. Mais se soucier de notre image,non. Ătre conscient de nos forces et nos faiblesses pour ne pas craindre l'image que nous renvoyons. Mais ça n'empĂȘche pas l'Ă©change,au contraire,il faut rester ouvert et a l'Ă©coute. C'est une nuance trĂšs importante qui change tout. Eiramle 25 avril 2022 Ă 1355 âą 80340citation si ĂȘtre soi mĂȘme n'est pas un Ă©tat,mais un cheminement, alors nous ne sommes donc jamais nous mĂȘmes ? L'Ă©quilibre n'est qu'un instant entre deux dĂ©sĂ©quilibres. Pour autant l'Ă©quilibre existe. Je suis Moi, changeante, jamais la mĂȘme mais toujours Moi. Evanescente... NĂ©buleuse... Celui ou celle qui me donne matiĂšre me voit, me donne visibilitĂ©, mais ma rĂ©alitĂ© a toujours Ă©tĂ©. Rajout En fait c'est vraiment une question qui m'a beaucoup travaillĂ©e Ă un moment, parce que j'ai une capacitĂ© d'ada^tation forte, en mode camĂ©lĂ©on, et je me suis posĂ©e la question, un jour et ce n'Ă©tait pas un bon jour forcĂ©ment, un peu effrayĂ©e, si j'allais pouvoir retrouver ma "peau d'origine", si je ne m'Ă©tais pas perdue moi-mĂȘme, Ă force de tant m'adapter Ă mon environnement extĂ©rieur... Puis j'ai compris que ma peau d'origine n'a jamais disparue, elle est souple et flexible, changeante, mais c'est toujours la mĂȘme peau, la mienne, qui Ă©volue en fonction de mon intĂ©rieur, lui-mĂȘme Ă©voluant en fonction de l'extĂ©rieur. Kobayashile 25 avril 2022 Ă 2153 âą 80369Eiram intĂ©ressant, une zĂšbre camĂ©lĂ©on, je me demandais s'il en existait d'autres đ Et si on prenait la couleur de l'univers ? iM9quuphle 26 avril 2022 Ă 0159 âą 80384citation Il n'y a pas eux, il y a seulement nous..